CH. IV. — LOMBARDIE. — MILAN
vèrent leur chère basilique; les femmes, dans leur enthousiasme, y consacrèrent leurs bijoux. Entin, en 1386, on jeta les fondements de ce temple, le plus beau de ceux consacrés à Marie1.
Le trésor du dôme possède encore quelques pièces d’une grande importance pour l’histoire de fart et en particulier pour celle du culte de la sainte Vierge; c’est d'abord la couverture en ivoire qu’on attribue au vc ou au vie siècle, et qui nous fournit deux images de Marie, l’une dans la Nativité , l’autre dans l’Adoration des mages. Nous ne faisons que les rappeler sans répéter la description qu’on a lue dans le Ier volume 2.
Dans la même armoire où sont exposées ces plaques, on nous a montré un bénitier d’ivoire d’une époque fort reculée; il est orné de cinq arcades encadrant une Madone entre deux anges et les quatre évangélistes. Cet ivoire a om,2o de hauteur sur om,i25 au diamètre supérieur et o"1, 95 à la base. La Madone assise, tenant l’enfant sur ses genoux, est d’un beau et mâle caractère. En sus de sa valeur intrinsèque, ce bénitier a pour nous l’incomparable intérêt d’être daté ; une inscription ainsi conçue se déroule sur le bord supérieur, au-dessus d’une frise vigoureusement refouillée :
-j- Vates Ambrosi Gotf redus dut tibi sancte
Vas veniente sacrum spargendum Cas are lympham.
« Il n’y a, dit M. Labarte, que deux archevêques de Milan du nom de Gotfredus; le premier, qui occupa le siège pontifical de 975 à 988, fut nommé par 1 influence d Othon II; le second fut chassé de Milan comme simoniaque. Il ne peut etre question de celui-ci et c’est certainement le Gotfredus du xc siècle qui a fait faire ce joli bénitier à l’occasion de l’arrivée d’Othon II à Milan en 981. »
Sur les archivoltes des arcades on lit cinq vers