BIBLIOTHEQUE AMBROSIEN N E
Ce riche dépôt de manuscrits ne pouvait tromper entièrement nos recherches. Dès l’entree nous remarquons, sous le portique de la cour, un marbre du XIe ou xiV siècle qui figure un crucifiement, dans lequel la mère de Dieu apparaît dans l’attitude ordinaire. Cette œuvre est des
plus barbares. (Pl. CXV.)
En montant dans les salles nous sommes reçus par l’érudit abbé Ceriani, préfet de la bibliothèque, qui nous en fait les honneurs avec une grâce dont nous le prions de recevoir tous nos
remerciements. >
Il nous montre une croix de bronze trouvée a Milan, dont le style permet de l’attribuer au vit ou v mc siècle. Sur la face, Notre-Seigneur est représenté crucifié, nimbé et vêtu d’une longue tunique sans manches; à l’extrémité des bras apparaissent Marie et saint Jean. Sur le revers, la sainte Vierge occupe le centre de la croix et leve les mains comme les orantes ; on lit les sigles aux côtés. Les quatre sommets de la croix sont ornes -
d’autant de médaillons avec figures de saint r^rL,u A Parmi les manuscrits de Bobbio 3, le célèbre monastère fondé en 612 par saint Colomban,
M. Ceriani nous a communiqué un crucifiement où la figure de la sainte Vierge s’éloigne de la tranquillité et de la douleur résignée qui forment le plus admirable trait de sa physionomie. Elle semble ici en proie aux convulsions du désespoir; sa tête se renverse, son corps s’ao-ite et perd la dignité célébrée par l’Evangile.
La^robe est bleu clair, le manteau brun, peu foncé. La miniature entière a o“,ao de hauteur sur om,i6 de largeur; elle occupe un des premiers feuillets du volume. (Pl. CXV.)
ï. Pertz, VI, 405 .