‹ La Sainte ViergeChapitre 173 sur 1187 · Diporti artistici di Enrico Ridolfî · texte numérisé non relu

Diporti artistici di Enrico Ridolfî

lui vient des orgues qui s’élevaient au-dessus de l’autel. Son origine n’est pas certaine; les uns prétendent que les Pisans l’auraient rapportée au commencement du xmc siècle du château de Lombrici, qu’ils abandonnaient; d’autres racontent qu’une jeune fille de Luni, pour fuir les Sarrasins, prit la sainte image, l’enveloppa d’un voile et se jeta avec ce fardeau du sommet d’une haute tour, qu’elle se releva miraculeusement sans aucune blessure et la porta dans le Dôme de Pise.

Nous n’avons malheureusement pu voir l’original, qui reste toujours couvert; nous sommes obligé de recourir aux copies et à la description de Morrona dans sa Pisa illustrata. Un gros trait noir, selon cet auteur, contourne la silhouette des deux figures ; les plis ne sont indiqués que par des lignes régulières et anguleuses qui ne fournissent aucun modelé. Les couleurs rouge et jaune sombre se distinguent à peine. Le dessin du vêtement ne ressort que grâce aux traits d’or qui en accusent les formes. La sainte Vierge a les yeux très-ouverts, de grandes pupilles détachées de la paupière inférieure, la bouche étroite et mal dessinée, la mâchoire large, le nez recourbé au sommet, détails qui donnent au visage une physionomie morne et désagréable. L’enfant Jésus, assis sur le bras droit de sa mère, nous offre de meilleures formes. Cependant la tête, ronde, attachée à un cou démesurément allongé, n’est pas gracieuse, les doigts sont secs et trop longs, la main droite laisse surtout beaucoup à désirer. La teinte des carnations, d’un jaune tendant au vert d’olive, s’étend uniformément et sans pénombre ; elle est seulement relevée par quelques touches de lumière.

Un tel dessin, le jet des draperies, le sigle et surtout les caractères grecs inscrits dans le livre de l'Enfant nous révèlent une œuvre byzantine de la moins bonne époque; elle prouve une fois de plus que les artistes et les modèles que l’Orient envoyait en Italie au moyen âge ne faisaient pas toujours â l’école l’honneur qu’elle méritait. Le tableau, d'après les mesures que nous avons prises sur son cadre, a o"',8o X om,6o.

io8

SANCTUAIRES ET IMAGES

Cette image est de la part des Pisans l’objet d’un culte fervent. Lorsque Charles VIII leur rendit la liberté en les soustrayant au joug de Florence, ils conduisirent processionnellement leur madone à la citadelle en manière d'action de grâce et déclarèrent Marie protectrice et souveraine de la cité. Lorsque le Dôme fut incendié, elle inspira un trait héroïque à Curzio Ferrini, lequel, pour la sauver, s’exposa à la pluie ardente de plomb fondu qui tombait des toits '.

Avant de nous éloigner du Dôme, rappelons la porte de San-Ranieri. Dans le haut, nous voyons une madone assise sur un trône garni de coussins. Elle est accompagnée de quatre anges qui tiennent des hastes et s’abritent sous des arbres, symbole du Paradis. (PL XXXII, XLIH, LIII, LX.) Nous ne faisons que rappeler les sujets de la vie de Marie dont nous avons déjà eu occasion de parler et dont le tableau ci-contre donnera la position :

Ascension.

Assomption.

Croix.

Présentation.

Fuite.

Annonciation.

Visitation.

Bergers.

Mages.

On conserve dans les archives du Dôme des miniatures aussi anciennes que l’église et qui nous fournissent une madone intéressante. Debout, vue de face, les mains appliquées par le revers contre la poitrine, elle est vêtue d’une tunique rouge, d’un voile bleu qui retombe sur

i. Notifie storiche sulla miracolosa immagine di Maria santa di Sotto-gli-Organi , Pisa, 1834. ■ — Grassi, Descriqione storica, P. [I, 68.

les épaules en forme de manteau et qu'elle relève avec les bras. (PI. CV.) De chaque côté, sainte Marthe et sainte Madeleine, d'une plus petite stature, s'inclinent devant elle. Marie porte un nimbe d’or bordé de rouge, à ses pieds pousse une plante que vient becqueter une colombe. La suite du manuscrit présente plusieurs autres ligures de Marie, mais qui regardent les scènes de sa vie, entre autre l’Adoration des mages. (PL CXIII.)

Au-dessus de la porte du baptistère, qui date du xiic siècle, il existe une madone à mi-corps, vue de trois quarts, les mains levées vers le Sauveur. (PL .CXIII .)

Page 1