MONTE- VERGINE
Après avoir dépassé Monte-Forte, on trouve à gauche, un peu avant Avellino, Mercogliano, où l’on peut se procurer des chevaux pour monter au sanctuaire de Monte-Ver gine, situé sur le haut d’une montagne et fondé en 1119 sur les ruines d’un temple à Cybèle. Le jour de la Pentecôte, de nombreux pèlerins s’y rendent de toutes parts et les paysans parés de fleurs y exécutent des danses nationales.
On montre dans cette église une ceinture de
la sainte Vierge, des langes de Notre-Seigneur et une image de la sainte Vierge dite de saint Luc. On prétendait que ce tableau était précisément celui qu’Eudoxie trouva dans le tombeau de la sainte Vierge avec la ceinture et les langes et qu’elle envoya à Pulchérie. Voici comment la tradition raconte la translation en Italie : Vers l’année 1230, Baudoin II, empereur d’Orient,
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Madone de Monte-Vergine. D’après la collection Lacroix.
obligé de fuir Constantinople, emporta ce qu’il put des reliques sacrées renfermées dans le trésor impérial. Comme gage aux Vénitiens, il donna une grande partie de la vraie croix, l'éponge et d’autres célèbres reliques ; il leur laissa même son rils en otage. Catherine, sa petite-fille, ne voulant pas abandonner l’image de la mère de Dieu à la ville ingrate, ordonna à des soldats de l’enlever de l’autel où elle était placée ; ceux-ci, malgré leurs efforts, ne purent l’avoir tout entière; ils la scièrent en deux et prirent le fragment supérieur qui conservait le visage et le haut du corps de la madone. éU ^ 1 (X
Baudoin, chargé de ces trésors, aborda en Italie et gagna Naples en traversant la Pouille. A peine était-il arrivé à Avellino, que la mule qui portait l’image se dirigea sans guide vers la montagne voisine; on crut qu’elle se trompait de route. Ramenée trois fois dans le chemin, elle reprit trois fois la même direction. Une tempête, s’élevant tolit à coup, avertit l’empereur qu’elle était conduite par une force supérieure. Bau-
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SANCTUAIRES ET IMAGES
doin s’empressa d’obéir et monta au Monte- Vergine pour y placer l’image en grande pompe sur l’autel principal l.
Ce tableau, peint sur bois, comme la tradition l’indique, ne paraît pas, selon l’opinion de M. l’abbé Galante, antérieur au xne siècle.