CH. II. — ROME. — SAINT-CELSE
oAquila imperii Benedictina en a gravé la représentation.
SA INTE- CECILE.
L’arc triomphal de Sainte-Cécile, avant les déplorables restaurations qui l’ont dépouillé de sa mosaïque, offrait un des monuments les plus remarquables élevés à la gloire de la sainte Vierge ; on peut dire même le plus remarquable de ce genre, après celui de Sainte-Marie-Majeure, et Ciampini ajoute qu’il fut, comme ce dernier, une protestation contre l’hérésie de Nestorius. Au sommet apparaissait la sainte Vierge tenant l’Enfant sur ses genoux et assise sur un trône magnifique qui affectait, dans le style de son dossier, une forme de tabernacle. Elle était nimbée et couronnée et tenait les pieds sur un escabeau. Deux anges, de chaque côté, servaient d’acolytes au trône. Puis les dix vierges à droite et à gauche, tenant allumées les lampes ardentes de leur chasteté, dont elles présentaient les parfums à la reine des vierges. Tune simile erit regnum cœlorum decem virginibus quee accipientes lampades suas exierunt obviam sponso et sponsœ. Ces figures étaient séparées par un palmier, symbole de leur victoire, et aux deux extrémités on voyait les deux villes de Bethléem et de Jérusalem, qui rappellent la naissance et la mort du Sauveur, ou les deux Églises, la juive et la chrétienne. Au-dessous, les vingt-quatre vieillards de l’Apocalypse levant leurs couronnes vers le trône; enfin, dans'la frise du bas, comme si l’auteur de cette mosaïque avait voulu y rappeler surtout la virginale pureté de Marie et Celle si éclatante de sainte Cécile, douze colombes se dirigeaient vers le centre de l’afeade. Cette rtiosaïque, en dehors du mérite de sa majestueuse composition, avait celui non moins grand dans l’histoire iconographique qui nous occupe, de porter une date. On découvre dans le haut de l'abside le monogramme du pape Pascal qui flo-
i. Venise, i6$i,in-4°.
rissait vers 817 et on lit encore sous la mosaïque subsistante :
-J- Hæc domus ampla micat variis fabricata metallis Olim quæ fuerat confracta su b tempore prisco Condidit in melius Pascalis præsul optimus.
Paolo Sfondrato et le xviiiesiècle avaientporté à cette vénérable église les atteintes de leur mauvais goût, mais on peut compter la destruction de notre mosaïque parmi les plus tristes résultats des restaurations. Il ne nous en reste plus que la gravure Ciampini 1 et celle de d'Agincourt qui paraît avoir vu encore la peinture au commencement du siècle.