Id
SANCTUAIRES ET IMAGES
d’un ciel serein partent des éclairs et des tonnerres si violents qu’ils ne peuvent accomplir leur œuvre de destruction. Le lendemain, la statue était miraculeusement revenue à sa place, et les cerisiers d’alentour, quoique ce ne fut pas la saison, se couvrirent de fleurs blanches d’une suave odeur. La dévastation de 1793 s’abbatit sur ce sanctuaire comme partout; mais, chose providentielle, au milieu de ces fureurs impies la statue miraculeuse fut seule épargnée. Actuellement, chaque année on voit accourir à ses pieds quinze cents pèlerins1.
Nous avons obtenu qu’on lui enlevât les étoffes dont la dévotion des fidèles l’environne et nous l’avons fait photographier. Cette madone est debout, elle porte l’enfant Jésus sur le bras gauche; la main droite est coupée ainsi que les deux bras du Sauveur. Elle est vêtue d’une tunique, d’un surplis et d’un voile. La peinture dont elle est recouverte empêche de juger exactement son style; toutefois, sa pose debout, l’attitude du corps un peu incliné à droite, la manière des plis et leur chute par terre où ils cachent les pieds, tout l’ensemble nous fait supposer que ce monument ne remonte pas au delà du xiiT siècle; il est donc probable que cette sculpture a remplacé la statue primitive (Pl. exxx).