De re diplomaties. } p
CH. VII. — FRANCE
BLOIS
trouvèrent une statue de la sainte Vierge, ils la portèrent auprès d’une fontaine placée à quelque distance, qui antérieurement peut-être avait été considérée comme sacrée; mais le lendemain la statue, revenue au chêne, leur montrait la volonté de la madone d’y être vénérée.
On prétend que les deux chapelles, supérieure et inférieure, rappellent l’intention des constructeurs de laisser la statue à la place où elle est apparue et qu’on renferma d’abord l'arbre luimême dans le sanctuaire1.
Quoi qu’il en soit, l’antiquité de Nanteuil est incontestable; une tradition fait remonter le pèlerinage au vnc siècle; son origine viendrait d’un serpent qu’un pieux religieux aurait dompté en l’attachant avec le voile qui ornait la statue de la sainte Vierge.
D. Bouquet cite une charte de 931 qui prouve que Nanteuil existait avant le xe siècle.
L’église devint vers mo la possession de l’abbaye de Pontlevoy, elle figure parmi ses dépendances dans une bulle de Lucien II datée de 1 1442.
On prétend que Philippe-Auguste, dans ses guerres contre Richard Cœur de Lion, vint camper près deMontrichard et que, voyant ses soldats en proie à une soif* dévorante, il fit un vœu qui fut exaucé pour obtenir de la pluie. Quelques personnes croient reconnaître dans les colonnettes de la nef des figures qui rappelleraient cet événement.
L’affluence aux environs était si grande qu’une prairie voisine s’appela le Pré-aux-Pèlerins, où le xive siècle vit s’établir une foire. Pendant la Révolution, en 93, la statue fut brisee, la tête séparée du tronc. Une femme, l’ayant outrageusement repoussée du pied, se vit bientôt punie par une mort cruelle. Une autre femme, plus digne de son sexe, la recueillit, parvint à sauver cette tête de la madone qui fut, depuis, remise sur la statue moderne. On adapta à cette tête un corps pour remplacer celui qui avait été
x. Alonzo Péan, Notice sur Nanteuil.
2. Histoire ms. de l’abbaye de Pont-Levoy } attribuée à D. Chazal, prieur de cette abbaye.
brisé. Les pèlerinages recommencèrent comme autrefois, et des guérisons miraculeuses furent souvent la récompense de la foi des populations. En 1857, on en a compté jusqu’à 20,000 1 .