NOTRE-DAME-DU-CROS
On rencontre dans cette contrée peu de pèlerinages célèbres, mais une foule de petits oratoires, de modestes chapelles, qui, multipliés sur tous les points de ce diocèse, attirent les vœux des habitants voisins.
On y distingue cependant Notre-Dame-du- Cros, où les pèlerinages se succèdent depuis des siècles. Au pied d’une double rangée de rochers escarpés à Caunes1 (Aude), les druides offraient, dit-on, leurs sacrifices à la Vierge. Dans cette même solitude les premiers apôtres delà contrée, Amand, Alexandre, Lucien et Andald, martyrisés à Caunes pendant la persécution de Dioclétien, venaient prier loin du tumulte du monde. Ils y élevèrent un petit oratoire et y mirent une statue qu’ils fabriquèrent eux-mêmes. Elle avait été cachée au vme siècle pour la soustraire aux fureurs des iconoclastes et au xippour la sauver des Albigeois. On l’oublia jusqu’au xve; retrouvée alors elle provoqua la construction de l’église actuelle2.
Notre-Dame-de-Faste, ou Bonne-Nouvelle du mot latin Fausta , sur la paroisse de Tuchau, fut élevée à la suite d’un vœu fait par des marins qui devaient leur salut à l’intercession de Marie.
NOTRE- DA ME-DE-LA - MAJOR
Notre-Dame-de-la-Major, bâtie sur les ruines du temple de Jupiter Tonnant, conserva longtemps sur sa porte le frontispice du temple païen présentant des aigles qui de leurs serres lançaient la foudre. En 1315 Notre-Dame-de-la- Major a acquis une grande célébrité par le
1. Ce sanctuaire ne possède pas d’ancienne statue. AI. Tais, architecte diocésain, nous assure qu’il n’existe pas dans tout le diocèse une madone antérieure au XIVe siècle.