‹ La Sainte ViergeChapitre 446 sur 1187 · Hamon, VII · texte numérisé non relu

Hamon, VII

asiatique d’une vierge qui devait enfanter se conservait dans toute la confédération aulerque. La religion des Romains, entrant avec César, remplaça le druidisme et les Éburo vices élevèrent alors un temple à Diane. Tel était l’état des choses lorsque saint Taurin, envoyé par le pape saint Clément, vint à Évreux, vers l’an 261, prêcher le culte de Jésus-Christ et de la Vierge, sa mère, attendue depuis si longtemps. Sa prédication, confirmée par ses miracles, lui permit de renverser sans obstacle l'idole de Diane, de purifier le temple et de le consacrer à la sainte Vierge. Cette cathédrale fut incendiée quatre fois du ixe au xiic siècle, en 832, 1 1 18, 1199, 1393 1.

On a retrouvé dans un coin oublié du Jardin des Plantes d’Évreux, un fragment de colonne orné de feuilles d'eau ; les trois monogrammes sculptés sur ses faces auraient reposé, le premier sur une main, le second sur un objet peu reconnaissable, mais qui figurait assez bien un serpent enroulé, le troisième sur une tête humaine à oreilles bestiales. Interprétant les trois chiffres par "Ayia Mapia, r,Ayia Mapia xaûôsvoç, "Ayi a Mapia revéreip a, M. Charles Lenonnant reconnaît dans ce fragment une colonne du temple de Diane, purifiée et consacrée à la sainte Vierge par saint Taurin, vers l’an 242, colonne dans l’épaisseur de laquelle le saint évêque aurait fait alors champlever les monogrammes de la mère de Notre-Seigneur avec la main de Dieu, la tête du démon vaincu et peut-être aussi un serpent symbolisant encore une fois le mauvais esprit. Reprenant les actes de saint Taurin, vérifiés par sa première découverte, M. Lenonnant y montra un fait dont les deux derniers sujets paraissent la figure : le démon s’échappant à la voix du saint de la statue de la déesse.

berna y.

Le dévouement à la sainte Vierge répandu sur tous les points du diocèse y a consacré à

x. Hamon, V, i8j.

SAIN CTU AIRES ET IMAGES

Marie jusqu’à iio églises paroissiales. Au milieu de ces magnifiques sanctuaires, brille l’antique et splendide église de Notre-Dame-de-la- Couture, à Bernay. Ce beau monument, selon la tradition, dut son origine à une statue de la Vierge enfoncée sous Terre au sommet d’une colline, dans un bois près de Bernay, et décou¬

verte par des bergers vers la fin du xc siècle, sur l’indication d’une de leurs brebis qui grattait continuellement la terre en cet endroit. On •'ne saurait dire les grâces que Marie accorde dans ce sanctuaire1.

i. Hatnon, V, 191.

Page 1