Hamon, VII
SANCTUAIRES ET IMAGES
ment. Elle était ordinairement enveloppée de vêtements de soie. Elle paraissait l’œuvre d’une main lourde et peu exercée, qui rend mal l’expression, les plis des vêtements raides et uniformes indiquant plutôt une ébauche qu’un travail fini. On remarquait l’identité de la pose de cette Vierge et de celle des vieilles statues connues et vénérées dans la plupart des sanctuaires de France et d’Italie l.
La charte de Thierry dit expressément, en parlant de la chapelle de Pignans : C’est dans ce lieu qu’avait été honorée une image de Marie, sculptée sur bois, dès le temps des disciples du Sauveur. I,e pèlerinage semblait à jamais perdu lorsqu’après la paix rendue à l'Eglise par la conversion de Constantin, un berger découvrit, au sommet de la montagne, parmi de vigoureuses broussailles et d’épaisses bruyères, la sainte image de Marie. On lui rebâtit aussitôt, dans le même lieu, une chapelle qui fut remplacée par celle du roi Thierry 2.
La fondation prit ensuite un si grand développement, qu’en 1152 Eugène III énumérait jusqu’à trente-deux prieurés formant le domaine de cette église. En 1591, les hérétiques n’y laissèrent que les quatre murs et la statue providentiellement conservée. Dès que Henri IV eut rendu la paix à la France, les catholiques relevèrent Notre-Dame-de-l’Annonciade, mais n’eurent pas le moyen de relever Notre-Dame-des-Anges, sur la montagne de Pignans, qui demeura solitaire au milieu des ruines.
En tout temps, ce sanctuaire vénéré avait attiré de nombreux pèlerinages et avait été l’objet des libéralités des princes et des rois que justifiaient de nombreux et d’éclatants miracles. Enfin, 1858 vit s’élever à Notre- Dame-de-Pignans un magnifique sanctuaire 3 qui se dresse sur une hauteur où le spectateur embrasse d’un regard la Méditerranée, les
ï. Du Culte de Marie } par un solitaire de la Montagne, P- 75*