SAINT-NIZIER
Lyon est peut-être, après Rome, la ville de l’univers qui, dans tous les siècles, a donné les plus magnifiques témoignages de piété envers Marie.
Le plus ancien monument de culte de la sainte Vierge à Lyon est sans contredit la crypte de Saint-Nizier. C'était dans l’origine un réduit obscur, une sorte de cabane de pêcheur dans une île formée par le Rhône et la Saône, mais alors presque déserte. Loin du centre de la population lyonnaise, établie à son origine sur le plateau de la colline de Fourvière (Forum vêtus), Saint Pothin, premier évêque de Lyon, commença là ses prédications2. D’après une tradition il apportait une statue de la Vierge qu’il plaça dans la crypte de Saint-Nizier et qui existait encore au xvne siècle 3 , et y éleva un autel à Marie. Après saint Pothin, disciple de saint Polycarpe, disciple lui-même de saint Jean l’Évangéliste, saint Irénée, son successeur, célébra la sainte Vierge dans ses écrits et l’appelait l’avocate des pécheurs et la médiatrice des chrétiens. La persécution fît fuir saint Irénée et son troupeau. Mais la paix rendue à l’Église par Constantin ramena les fidèles à l’antique crypte de saint Pothin. Peu de temps après, ils la remplacèrent par un édifice plus convenable qui est encore debout et sur lequel on éleva au xve siècle, l’église de Saint-Nizier.