NOTRE-DAME-DES-PAUVRES, A AUBRAC
Aubrac est sur un lieu élevé et dans un pays hérissé de montagnes, à quatre lieues de Marvejols, huit de Rodez, dix d’Aurillac et de Saint- Flour; c’est une solitude affreuse, un plateau d’un accès difficile, entouré de forêts et de marécages, et souvent inaccessible à cause des neiges et des brouillards qui le couvrent la plus grande partie de l’année.
Vers l’an 1022 ou n 20, selon quelques historiens, Adalard ou Alard, vicomte de Flandre, faisant avec de braves compagnons le pèlerinage de Saint-Jacques, en Galice, passa par Aubrac. Le pieux chevalier tomba dans une embuscade, où il se vit assailli par des voleurs, et dans un danger tel que ni sa bravoure, ni celle de ses compagnons, ne pouvait assurer sa vie. Dans ce pressant besoin, il fait vœu, s’il échappe au péril, de fonder au lieu même où il se trouve, un hospice pour les pèlerins. Il se ranime aussitôt sous l’influence surnaturelle qui s’empare de lui et se dégage victorieusement des mains des brigands. Adalard communique alors son vœu aux chevaliers qui l’applaudissent. Ils font le pèlerinage de Saint-Jacques, mais au retour, la pieuse caravane repasse la montagne où elle avait signalé sa valeur. Et voici qu’un coup de vent précipite Adalard dans une fondrière de neige. Les yeux du chevalier se tournent encore vers le ciel. Il renouvelle son vœu, en y ajoutant la promesse de se consacrer à Dieu. Aussitôt ses compagnons accourent et parviennent à le délivrer.
On possède un acte de 1216 qui relate les règles de l’hospice. La règle, en 1162, n’avait encore d’autorité que la sainteté du fondateur et les coutumes établies par la ferveur primitive ; on