DIOCÈSE DE METZ
GOZZE.
L’origine de la petite ville de Gozze se perd dans la nuit des temps. Des monuments authentiques attestent que saint Clément, saint Céleste et saint Félix furent envoyés dans les Gaules par saint Pierre pour évangéliser le pays de Metz. A Gozze, ils construisirent un oratoire en l’honneur de saint Pierre et donnèrent à la montagne le nom du Bienheureux Lin, successeur de saint Pierre. Là, pour la première fois, fut invoqué le nom de Marie. En 1868, en souvenir de ce culte favorisé plus tard par Charlemagne, on éleva une statue monumentale de la sainte Vierge.
CATHÉDRALE
Si Clément, fondateur et premier évêque de l’église de Metz, reçut sa mission de saint Pierre lui-mème en l’an 47, saint Patient, le quatrième évêque, fut envoyé par saint Jean l’Evangéliste, l’apôtre à qui Notre-Seigneur confia; sa mère. Les évêques qui leur succédèrent entretinrent le peuple dans les dispositions qu’ils avaient préparées pour le culte de Marie. Saint Chrodégand, un des plus illustres d’entre eux,
en faisant bâtir la cathédrale dédiée à saint Étienne, décora avec magnificence la chapelle deNotre-Dame-la-Tierce. Une tradition rapporte qu’un portrait de la sainte Vierge y a été peint par elle-même.
Vers l’an 995, le bienheureux Aldabéron II éleva l’abbaye de Sainte-Marie pour l’amour de Jésus et de Marie. Vers l’an 1071, Aldabéron III bâtit, dans le cloître de Saint-Sauveur, une chapelle de la sainte Vierge. Le cardinal Étienne de Bar, qui fonda le prieuré de Notre-Dame-des- Champs en 1 124, donna par son inspiration naissance à beaucoup d’autres. Dans les siècles qui suivirent le xnc, les sanctuaires de Marie se multiplièrent en même temps que la dévotion à son culte. La cathédrale est, il est vrai, sous le vocable de saint Étienne, mais elle renferme un grand nombre de chapelles de la Vierge. Parmi ces chapelles, Notre-Dame-la-Ronde ou de la Rotonde est le plus ancien sanctuaire qui ait été dédié à Marie, dans le diocèse de Metz. C’était dans l’origine une chapelle distincte de la cathédrale, fondée, selon toutes les vraisemblances, par saint Clément lui-même, premier apôtre du diocèse, près du temple de Diane. En 1755, en aplanissant les terrains voisins, on y découvrit un pavé en mosaïque de grande dimension avec tous les caractères et les symboles des temples païens de cette époque. Elle fut brûlée en 451, puisque, selon Grégoire de Tours, l’église de Saint-Étienne échappa seule miraculeusement à un incendie; relevée ensuite par la piété des évêques de Metz, elle fut assignée, vers le vme siècle, par saint Chrodégand, au chapitre que cet insigne prélat venait d’instituer dans sa cathédrale. En 1150, le pape Eugène III, en allant du concile de Trêves à celui de Reims, vint la consacrer, assisté de dix-huit cardinaux et d’un grand nombre d’évêques.
Au xme siècle, ce sanctuaire fut réuni à la cathédrale, tout en en restant distinct. Dans les siècles suivants, la dévotion à Marie y amena des empereurs, des princes et de nombreuses populations ; elle porte aujourd’hui le nom de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
SANCTUAIRES ET IMAGES
Dans la même cathédrale, Notre-Dame-la- Tierce était célèbre dès les temps les plus reculés par de nombreux et éclatants miracles. 1793 la dépouilla de tous ses ornements et ex-voto, sans qu’elle cessât d’être chère aux populations.
L’histoire nous apprend que Tuotilon, le célèbre moine de Saint- Gall, dont nous avons parlé à propos de l’Assomption, fit à Metz un tableau de la sainte Vierge qui mérita d’être rappelé dans son épitaphe1.