‹ La Sainte ViergeChapitre 516 sur 1187 · Id.} J · texte numérisé non relu

Id.} J

SANCTUAIRES ET IMAGES

flèche et resta prisonnier dans la ville \ »

M. l’abbé Éloy, vicaire de la cathédrale, auquel nous devons communication de cette pièce, veut bien y ajouter ces données historiques :

« La délivrance de la ville de Toul, au moment de l’assaut nocturne qu’allait lui livrer le princier de Verdun, a toujours été considérée comme une grâce miraculeuse de la très-sainte Vierge. Cette croyance de la cité tout entière a été consignée et conservée dans les registres capitulaires de la cathédrale et dans ceux de la municipalité, où se trouvent encore les procèsverbaux qu’en firent dresser les autorités compétentes. Elle a été proclamée par l’offrande d’un sabot d'argent dont la statue miraculeuse fut chaussée ; par le surnom de Notre-Dame au pied d’argent dont elle a été saluée et qu’elle a conservé jusqu’à nos jours ; enfin par l’élévation de la magnifique chapelle de l’abside que l’on admire encore, et par celle d’une autre chapelle dont la reconstruction du transept méridional a nécessité l’enlèvement.

« Le miracle de Notre-Dame au pied d’argent devint, en 1659, moyennant une permission donnée par le chapitre, le sujet d’un tableau que peignit Alliot, abbé de Moyenmoutier. On dit que ce tableau est celui qui se voit encore dans la cathédrale de Toul. Il représente, à gauche, sur un premier plan, la sainte Vierge assise sur un autel d’architecture ogivale et avançant le pied; au milieu, sur un plan moyen, se trouve une femme qui court avertir le guet; à droite, sur un plan plus éloigné, on aperçoit l’ensemble de la forteresse ; les bourgeois sont au haut des murailles, l’arme au poing, repoussant avec vigueur les soldats ennemis. »

Notre jeune ami, M. Franz Becquet, qui a bien voulu se faire notre intermédiaire auprès de M. le vicaire de la cathédrale, nous transmet

1. C’est la traduction d’une pièce très-ancienne reportée au registre de 1625 des actes capitulaires de la cathédrale.

encore les renseignements suivants sur le tableau qui porte cette inscription :

« A l’honneur de Dieu et de la glorieuse vierge Marie et commémoration du miracle fait en son image jadis icy parlé, de laquelle un de ses pieds fut fait d’argent en l’an mil deux cent quatre-vingt-quatre, duquelle en la vigile Sainct-Mathieu fut la cité de Toul délivrée de la surprince et entrée des ennemis et iceux repoussez par l’avertissement d’une femme priant devant icelle image. Vinge sur l’heure de minuit et admonestrée divinement de ce faire, et pour thesmoignage et en signe de créance ladite image avança le pied dont luy est donné le nom de la Notre-Dame du pied d'argent. »

« La description faite par M. l’abbé Éloy de ce tableau est exacte. La sainte Vierge est assise, ce qui donnerait à penser que la statue authentique et qui n’existe plus aurait eu cette attitude. D’après le tableau, la statue n’est pas dans une église et paraît placée isolément, comme on voit encore aujourd’hui quelquefois des croix, des Vierges, soit à l’embranchement des chemins, soit à l’entrée des villes.

« On n’a pu me citer d’auteurs anciens parlant de cette Vierge. J’ai consulté à la bibliothèque l’histoire des évêques de Toul, par le père Benoît, capucin; il n’en dit rien. Dom Calmet n’en parle pas non plus. »

M. l'abbé Guillaume, chapelain de la chapelle ronde, à Nancy, archéologue distingué, a fait un ouvrage sur les antiquités de la Lorraine. L’histoire de la Vierge au pied d’argent y est consignée.

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