NOTRE-DAME— DE-SAINT-MARTIN-DES-CHAMPS
(PI. CXX1II.) — Saint-Denis possède actuellementune madone qui se voyait autrefois à Paris, dans la rue aux Ours, et que, d'après son caractère, on peut supposer du xc siècle. En 1418, frappée par un soldat suisse ivre, elle répandit plusieurs gouttes de sang et fut transférée dans l'église de Saint-Martin-des-Champs. Telle est l’origine du cérémonial annuel de la promenade du mannequin colossal ayant un poignard à la main et vêtu comme un homme que l’on conduit au supplice. La madone est une sculpture en bois. Le costume rappelle celui des reines de France et la coiffure qui les distinguait pendant la IIe race et au commencement de la IIIe; son manteau est fermé sur le devant par des agrafes en verre de couleurs; elle porte deux tuniques, l’une courte, l’autre plus longue garnie de perles. La chaussure est également garnie de perles. Cette figure, que I on voyait depuis 1792 au musée des Petits-Augustins, a été transférée dans la basilique de Saint-Denis et mise sur une colonne dans le chœur. Elle est en bois assez vermoulu dans le bas et conserve des traces de peintures encore très - visibles. La couronne ajourée a été dorée, du moins dans les feuilles du haut; les pierreries sont presque toutes arrachées; un petit bavolet découpé entoure la tête; au-dessous, une coiffe dans les ajours du diadème laisse apercevoir quelques points de broderies; la coiffe retombe derrière le cou; les