‹ La Sainte ViergeChapitre 65 sur 1187 · SAINTE-MARIE- DU -PEUPLE · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE- DU -PEUPLE

Santa-Maria-del-Popolo près de la porte du Peuple est certainement une des églises les plus remarquables de Rome et par son antiquité et par les œuvres d’art capitales qui l’enrichissent. Voici la légende qui se rattache à son histoire : Quand mourut Néron le persécuteur des chrétiens, une partie de ses ossements fut jetée au vent, le reste enterré près de la porte du Peuple à droite en sortant; au même endroit s’éleva un noyer, repaire habituel des oiseaux de proie, des corbeaux, jusqu’à ce que la Vierge apparut à Pascal II et lui ordonna de faire disparaître ces oiseaux qui n'étaient que des démons chargés de garder la sépulture de Néron. Pascal, en présence du sénat etdu peuple romain, abattit l'arbre et jeta dans le Tibre les cendres du tyran ; puis, avec le consentement de la ville, il fit élever à la reine du ciel un temple à l’endroit même où l empereur avait été si longtemps enterré. Ce temple prit le nom de Sainte-Marie-du-Peuple, parce qu’il fut, en 1227, construit aux frais du peuple romain. Sixte IV le reconstruisit de nouveau sur les dessins de Baccio Pin tel 1 i .

Telle est l’église où l’on vénère une des plus célèbres images de la sainte Vierge1. On ignore son origine; la première mention qui en est faite se rapporte à l’année 1230,011 Grégoire IX, voyant Rome en proie à un mal contagieux, fit porter en procession à l’église del Popolo une vénérable image de la reine du ciel, que l’on croyait être la même que celle que l’impératrice Pulchérie fît venir de Jérusalem. Depuis, de nombreuses faveurs accordées devant cette sainte image en ont popularisé le culte (pl. XIC). La sainte Vierge porte un voile bleu avec ornements d’or, des bagues aux deux mains et de riches vêtements. Ses yeux sont démesurément grands], le nez légèrement recourbé, la bouche petite. A l’enfant Jésus, nous voyons une tunique rouge avec ornements d’or, quelques franches rouges et or. La physionomie est étrange; son air sauvage, le front excessivement haut, cheveux blonds tombant par mèches parallèles, l'oreille très-loin du nez; la bouche dédaigneuse; teint verdâtre, pommettes rouges; la main droite bénit, la main gauche s'abandonne doucement dans celle de sa mère. Cette peinture nous semble trop commune pour appartenir au byzantin primitif. Ne pourrait-on pas, d après cela, l’attribuer au ixe siècle?

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