VIERGES DU MUSÉE DE TOULOUSE
Parmi les beaux types que l’art roman du midi de la France nous a laissés de la mère de Dieu, nous ne pouvons passer sous silence le pilastre formant niche, avec une Vierge assise, que l'on conserve au musée de Toulouse. La niche, surmontée d’un pignon accosté de deux tourelles réunies par un mur crénelé, soutient une architrave merveilleusement historiée avec un rinceau et le combat d’un pygmée contre une grue. L’entablement tout entier repose sur deux colonnes, l’une circulaire, l’autre octogone, à chapiteaux semblables. La base de la niche est formée de deux monstres enlacés dont les têtes sont perdues. La Vierge elle-même occupe la niche et présente dans son ensemble le plus beau style. Elle semble draper son divin enfant dans une chlamyde qu’elle jette au-dessus de sa robe. Le Sauveur bénit à la manière latine des deux doigts de la main droite qui repose sur le globe terrestre. La sainte Vierge porte un diadème orné de quatre fleurons, dont trois apparents, et d’un rang de perles en forme de cabochons. Les plis du voile s’échappent avec grâce de ce bandeau. Le caractère des figures est plutôt romain que grec. Ce petit monument a im,7i de hauteur sur om,5p de largeur2.
On voit aussi dans ce même musée (n° 651), sur un chapiteau roman historié, la Vierge avec l’enfant. Les dimensions sont de om,32 sur 35. Enfin, sous le n° 921, un reliquaire émaillé du xne siècle présente une madone assise3.
1. Cette madone a été reproduite par l’héliogravure dans cette brochure : Jules de Laurière, Saint Bertrand de Comminges et Valcabreri, Tours, 1873.
2. Bulletin du comité arch. du Brabant ;I, 1870. — Revoil, Arch. romane ; III. PI. LIV.
3. Musée de Toulouse: catalogue des antiquités et objets d’art. Toulouse, 1865.