Riccardi, Storia T)ei} Sa.ntua.ri d’Italia
SANCTUAIRES ET IMAGES
factieux, l’église fut restaurée par le cardinal Barberini, qui prit soin, en outre, de faire dessiner par un aquarelliste les vieilles peintures encore subsistantes. Je n'ai pas besoin d'ajouter que ces lavis, dont on a exposé des copies dans l’église, ne sont pas fort exacts; ils ont du moins l'inappréciable avantage de nous conserver un souvenir des fresques qui ont péri. Les originaux sont déposés dans la bibliothèque Vaticane. La tribune, qui conserve à peu près exclusivement aujourd’hui ces précieux fragments, est obscurcie et voilée par le retable du maître-autel qui semble, lorsqu'il futfait, n'avoir eu d’autre but que de cacher des peintures dont on dédaignait l’effet. Il est donc assez difficile de les étudier, d’autant que le peu de jour qui pénètre arrive par le bas et aveugle le spectateur au lieu d'éclairer le mur. Ces difficultés sont d’autant plus regrettables que les peintures sont plus intéressantes.
Elles offrent dans le soubassement une sorte de tapisserie composée de rosaces au milieu desquelles on voit des oiseaux. Ce dessin me rappelle la crypte de Saint-Michel-in-Borgo , à Pise, laquelle passe pour être du ixc siècle. La poste qui couronne cette imitation de tenture me paraît aussi un signe de grande ancienneté; elle est large, formée de diverses couleurs, etc. (Pl. XCI.) La poste et les rosaces sont interrompues par une fresque d’une médiocre dimension que plus tard on a rapportée sur le soubassement. Nul doute qu’elle ne date pas de l’origine, car à part son style qui me paraît plutôt du xir= que du ixc siècle, les rosaces, dans les sinuosités de l’arrachement, continuent leurs contours. Cette fresque représente la sainte Vierge entre saint Pierre et saint Paul. Au-dessous se lit cette inscription en lettres blanches, que notre jeune et savant ami M. Stevenson a su déchiffrer : EGO BENEDICTV PBR ET M(ona)CHV PINGERE f ( eci ) 1 . L’extrême hauteur de la tète de la madone, la grossièreté de celles des apôtres relèguent cette composition aux derniers degrés
i. Earico Stevenson : Il Cimiuro di Zotico . p. ni.
de la barbarie. Immédiatement au-dessus s’élève une rangée de ligures bien plus nobles et qui me semblent mériter une place bien plus ancienne et plus distinguée dans l’histoire de l’art. Sous la calotte de la tribune, on lisait une longue inscription qui faisait honneur de ces peintures à un illustre médecin du nom de Petrus. M. Stevenson a retrouvé dans la bibliothèque Vaticane, sous le n° 378, un manuscrit du ix,: ou Xe siècle qui appartenait au monastère in Pallara et dans lequel il a remarqué diverses annotations, parmi lesquelles la suivante : Obiit Petrus laudabilis medicus q. de sua ope construx monst istud.
(Pl. XCV1I.) — Au milieu, la madone est debout, dans l’attitude de la prière et du recueillement, habillée d’une tunique jaune et d'un surplis bleu à bordure d’or avec pierreries. Elle est coiffée, comme les impératrices byzantines, d’une résille qui retient les cheveux et d’un voile enrichi de perles attaché au-dessus de la résille et qui retombe sur les épaules; placée sur un escabeau décoré de pierres précieuses, elle s'élève au-dessus des personnages environnants; on dirait que l’artiste aurait eu l’idée de représenter l’Assomption. De chaque côté, deux anges couverts d’une riche dalmatique brune toute bordée de perles tiennent d’une main une haste avec l’inscription, sur l’une: Deus. Deus. Deus. et sur l’autre : Dominus Deus Sabaoth. De la main gauche ils supportent un globe avec le chrisme. Deux saints, de chaque côté, complètent le tableau; au-dessus apparaît une frise d'agneaux, et enfin, dans la calotte de la tribune, le Sauveur entouré de quatre saints.