IMAGE DE FONTE-SANTO
Un simple ouvrier de Cordoue appelé Gonsalve, plongé dans l’indigence, se recommandait à la sainte Vierge au milieu de sa détresse. Un jour qu’il invoquait seul dans la campagne cette sainte patronne, elle se présente à lui escortée de saint Aciscle et de sainte Victoire, patrons de Cordoue. Elle lui dit avec bonté qu’il n'a qu’à puiser à une fontaine qu’elle lui indique dans le voisinage, que cette eau sera pour sa femme et sa fille (l’une paralytique et l’autre folle) un remède efficace : « Du reste, ajoutat-elle, ne t’étonne pas de la vertu de cette eau. Cette vertu lui vient de mon image cachée là, près de la source, entre les épaisses racines d’un figuier. Je veux pour le bien d’un grand nombre de fidèles qu’on la retire de ce lieu, qu’on l’honore, que les habitants de Cordoue bâtissent un temple. »
Gonsalve transporté de joie, courut puiser de l’eau salutaire et en porta à sa maison. On trouva près de là dans le figuier une statue de la sainte Vierge d’un demi-pied de hauteur. Portée dans
1. Ortega , Description de Cehegin. manuscrit de Madrid, Hübner, p. 58.
SANCTUAIRES ET IMAGES
la ville au son des cloches elle devint l’occasion de beaucoup de guérisons miraculeuses L
C’est devant le sanctuaire qu’on y éleva que l’illustre Suarez vit se dissiper les ombres qui obscurcissaient son intelligence et qu’il devint une des lumières de l’Eglise d’Espagne.
Dans un champ de Villa-Viciosa, une vive lumière éblouit un paysan qui en est renversé ; à sa voix, grands et petits accourent et fouillent le champ. Bientôt on trouve une boîte de plomb couverte d’un antique enduit. On l’ouvre et on y voit une admirable statue de la Vierge en bois de onze doigts de hauteur. Aujourd’hui, en grande partie détruite par la pourriture, on l’a soutenue par des pièces d’or et d’argent, mais le nez n’a pas été remplacé.
Un sanctuaire s’éleva à cette place et l’on vint y chercher la santé de l’âme et du corps. Mais au bout de quelque temps on l’oublia et les pasteurs seuls y apportèrent leurs hommages. Ferdinand, l’un d’eux, prenait sur l’huile destinée à sa nourriture de quoi alimenter une lampe devant la statue. Devenu plus hardi il s’empara de la statue, et s’approchant de Cordoue il la plaça dans le tronc d’un liège creux. Ce liège devint son temple et son sanctuaire.
Lorsque les Portugais s’aperçurent de ce larcin, ils cherchèrent la statue et s’en emparèrent ainsi que de Ferdinand qu’ils rouèrent de coups, et rapportèrent la statue dans son sanctuaire. Le voleur, mis en prison, fut condamné à mort; mais la veille du supplice, ses chaînes tombèrent et la statue elle-même revint au lieu où il l’avait placée.
On s’empara de nouveau de Ferdinand et de la statue pour la porter à Villa-Viciosa, et de nouveau elle revint à son arbre. Les Portugais, effrayés de ce prodige, donnèrent à Ferdinand la liberté, a.vec des sommes suffisantes pour relever le sanctuaire 2 .