CH. X. — ESPAGNE. — TORTOSE
fuirent, frappés de stupeur; mais lui s’avança vers l’autel de la bienheureuse Marie toujours vierge, et trouva assise, à sa propre place ordinaire, Notre-Dame elle-même, pendant qu’un chœur de vierges chantait dans l’abside des cantiques de David. Marie, pour récompenser la foi d’Ildefonse, lui remit de sa main une chasuble ou manteau d’une blancheur et d’une finesse admirables : « Voici un petit présent du trésor de mon fils que je t’apporte », dit-elle1.
Une autre apparition du même genre eut lieu, en 657, au moment où l’archevêque célébrait la messe, à la fête de l’Assomption, et pendant que les fidèles étaient prosternés en prière devant l’image de la mère de Dieu, déjà célèbre par de nombreux miracles.
Ce saint évêque, parmi ses ouvrages, a laissé un livre renfermant les louanges de la vierge Marie, qui fut en grand honneur longtemps après sa mort. Cet ouvrage a été écrit contre Jubenianus Elbidius et les Juifs. Nous possédons à Paris une copie 2 de ce pieux traité, exécuté par le prêtre et moine Gomes, originaire des environs de Pampelune. Il raconte lui-même, dans son prologue, que, se rendant, avec une troupe de deux cents moines d’Aquitaine en Espagne , avec l’évêque Godescalc , et étant parvenu sur les frontières de la Galice, cet évêque l’engagea à transcrire le traité d’Ildefonse, qu’il introduisit dans son diocèse, au plus grand avantage de la foi.
L’écrivain termine son prologue par cette souscription : « Transtulit enim hune libellum, Gotiscalus episcopus ex Spania ad Aquitaniam, tempore iemis diebus certis januarii videlicet mensis. Currente féliciter era d ccc lxxxviii a. »
On lit ensuite en plus petits caractères : a Ipsis igitur diebus obiit Galiciensis rex Ramirus3. »
Ce prince mourut en 550; l’évêque Godescalc, qui fit faire le manuscrit, gouverna aussi son diocèse du Puy-en-Velai de 93 7 à $62.