PORTUGAL
Le Portugal tout entier s’était consacré à la sainte Vierge. Nous aurions donc pu rapporter de nombreux témoignages de son culte, si la recherche de ces monuments ne présentait quelques difficultés. Voici, à ce propos, la lettre par laquelle la nonciature apostolique de Lisbonne répondait à Monseigneur La Croix, qui demandait ces renseignements : « Aucune madone ne porte l’inscription de l’endroit où elle est vénérée. Cela tient aux mœurs de ce peuple. Telle Vierge sous la dénomination des Douleurs a excité la piété des fidèles à cause des grâces obtenues devant son autel ; on ne s’enquiert plus où se trouve la statuette, mais on tâche d’en avoir une copie exacte ou une image, et on s’adresse à elle, n’importe dans quelle chapelle ou église. Les images de la sainte Vierge sont ici, en général, en bois, et très-ornées ; les peintures sont peu goûtées et ne réveillent pas la piété du peuple portugais. Il y a bien un ou deux sanctuaires plus connus en Portugal et qui attirent un concours un peu plus nombreux de dévots; mais il m’a été impossible de me procurer les images des Vierges qui y sont vénérées. Votre collection n’y perd cependant pas autant que vous pourriez le croire, car ces saints lieux n’ont pas un grand renom... »
Cette réponse porte en elle-même l’excuse que nous offrons pour expliquer la médiocrité de notre recueil en Portugal. Nous verrons cependant par quelques exemples que ce pays n’est pas resté indifférent à la dévotion de Marie.-
ALCOBACA.
Le monastère d'Alcobaca, fondation vraiment royale, fut construit par Alphonse, roi de Por-
f tugal, en 1148, à la suite d’un vœu qu’il avait formé. Il était dédié à la Vierge, mère de Dieu, et à la sainte famille.