BRUXELLES
notre-dame-du-chant-d’oiseaux.
Les historiens font remonter le culte de cette madone à l’année 1044 environ. Voici, dit Reume, ce que l’on lit à ce sujet, dans les anciens manuscrits de la confrérie: « Quand la ville priricière de Bruxelles avait encore si peu d’étendue que ses portes et ses remparts se trouvaient à l’entrée de la rue au Beurre, près de la Grand’Place, il y avait en cet endroit une maison appartenant au nommé Hemelryck, laquelle, d’après la tradition, se trouvait à la place même où l’on vit depuis la chapelle de Notre-Dame-du-Chant-d’Oiseaux. Il y croissait plusieurs grands hêtres que l’on croit avoir fait partie de la forêt de Soignes, qui s’était étendue jusqu'à cet endroit. A l’un de ces arbres était suspendue une statue de la sainte Vierge, près de laquelle les habitants de Bruxelles venaient chaque jour déposer leurs offrandes et adresser de ferventes prières. »
Comme le gazouillement des oiseaux était fréquent en ce lieu champêtre, la Vierge ne tarda pas à prendre le nom de Notre-Dame-du-Chantd’Oiseaux. Dans la suite, on construisit en cet endroit une petite chapelle où les frères mineurs vinrent s’établir en 1220 pour y célébrer l’office divin.
Ce pèlerinage était devenu très-célèbre, lorsqu’en 1579 les iconoclastes détruisirent ce sanctuaire comme tant d’autres ; mais la statue fut sauvée. En 1585 elle fut rétablie dans une chapelle provisoire, et en 1590 on jeta les fondements d’un beau sanctuaire qui fut visité en 161 1 par les archiducs Albert et Isabelle. Lors du bombardement de Bruxelles en 1695, la chapelle fut de nouveau détruite, et la statue transférée à l’hôtel de la comtesse de Molin, où son culte se prolongea quelque temps. Depuis lors de nouvelles révolutions ont passé par-dessus et l’on ignore complètement ce qu’elle est devenue1.