‹ La Sainte ViergeChapitre 808 sur 1187 · CH. XI. — BELGIQUE. — TONGERLOO · texte numérisé non relu

CH. XI. — BELGIQUE. — TONGERLOO

dantle siège de Jérusalem, il eut le malheur avec son fils d’être pris par les infidèles. Livrés à des rigueurs excessives, abandonnés de tout secours humain, les nobles captifs se rappelèrent la sainte image du Tilleul ; ils s’adressèrent avec une entière confiance à la mère de miséricorde et firent vœu, s’ils avaient le bonheur de revoir leur patrie, de bâtir une chapelle pour y placer l’image.

Une prière faite avec tant de ferveur fut exaucée. La mère de Dieu daigna apparaître la nuit suivante aux malheureux prisonniers et les assurer d’une prochaine délivrance.

Humainement parlant, la chose paraissait impossible. Les prisonniers étaient bien gardés, et les dispositions qui animaient alors les chrétiens et les Sarrasins, les uns contre les autres, ne laissaient prévoir ni traité de paix, ni échange de prisonniers, ni payement de rançon. Mais Marie délivra ses prisonniers, comme l’ange de saint Pierre ; dès qu’elle eut cessé de parler, ses protégés, tirés de leur sommeil, virent leurs chaînes brisées et trouvèrent les portes de la prison ouvertes. Ils se levèrent, sortirent sans qu’aucune sentinelle y mît obstacle, et se dirigèrent, sans être inquiétés, vers la côte et le lieu d’embarquement en bénissant Dieu et sa sainte mère.

Ainsi délivrés, les deux seigneurs belges rentrèrent dans leur patrie et dans leur domaine de Bois-Seigneur-Isaac. Leur retour, accompagné de circonstances merveilleuses qu’ils ne se lassaient pas de publier, excita dans tout le pays un saint enthousiasme. Ils se mirent sans retard à s'acquitter de leur vœu et à bâtir la chapelle. On y transporta solennellement la sainte image aux acclamations d’un peuple immense, accouru de toutes parts. Les protégés de Marie ne se contentèrent pas du monument matériel, ils chargèrent aussi des prêtres séculiers d’y célébrer trois messes par semaine.

Durant deux siècles, la chapelle de Bois-Seigneur-Isaac demeura en possession de l’image miraculeuse, toujours visitée avec dévotion, toujours propice aux malheureux1.

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