‹ La Sainte ViergeChapitre 874 sur 1187 · Archeologia. , XXIIe vol.,p · texte numérisé non relu

Archeologia. , XXIIe vol.,p

CH. XII

ANGLETERRE

EVESHAM.

gleterre (607), avait construit une église en l’honneur de la très-sainte Vierge à Ely. Cette église, ayant été détruite, fut reconstruite et de nouveau consacrée à la sainte Vierge par saint Etheldred; cinquante ans après, elle devint fameuse par les miracles qui s’y accomplirent.

Après l’invasion normande, Hereward s’était fortifié dans l’île d’Ely, avec un petit corps de Saxons et prolongeait la résistance. Guillaume les condamna à voir leurs biens séquestrés ; les moines se rachetèrent à prix d’argent, mais, pour réaliser cette somme, il leur fallut dépouiller l’église de ses ornements et notamment de la magnifique image de Notre-Dame, assise sur un trône, tenant l’enfant Jésus dans ses bras et qui était merveilleusement travaillée en or et en argent. L’image avait été placée dans la cathédrale par Helsin, le second abbé qui mourut en 10 [6 ou 1017; elle était probablement vénérée du côté du Midi dans l’église que Brithnoth, le premier abbé, mort en 981, avait consacrée à Notre-Dame.

Cnut, très-dévot à la sainte Vierge, comme il le prouva par ses libéralités à Chartres, célébra la purification à Ely peu de temps après que la statue avait été placée par l’abbé Helsin. En entendant les moines chanter les prières de Marie, le roi, pleurant de joie, entonna une ballade anglo-saxonne.

EVESHAM.

Dans le même temps qu’Ina restaurait l’église de Glastonbury, les sanctuaires d’Evesham, de Tewkesbury et de Worcester s’élevaient dans les montagnes delà Severn . Une légende, répétée pour la fondation de plusieurs sanctuaires, s’attache à l’origine de celui d’Evesham. Au commencement du viiic siècle, la vallée, que sa riche végétation a fait surnommer de nos jours le jardin de l’Angleterre, formait un désert couvert de ronces et d'épines; Egwin, troisième évêque de Worcester, l’avait demandée à Ethelred, roi de Mercie, comme lieu de pâturage pour les porcs

du monastère. Un des bergers, nommé Eoves, pénétrant un jour dans un épais taillis, vit une dame debout entre deux jeunes filles, toutes d’une beauté merveilleuse et plus éclatantes que le soleil. La dame portait un livre dans sa main et psalmodiait des cantiques avec ses compagnes d’une voix harmonieuse. Le pauvre berger, ébloui par la splendeur d’une telle vision, retourna chez lui terrifié et courut dire à l’évêque ce qu’il avait vu. Celui-ci, après s’être préparé par la prière et le jeune, prit avec lui trois compagnons et, pieds nus, chantant des psaumes, se rendit dans la vallée. Egwin, arrivant au lieu du prodige, se prosterna humblement pour implorer la miséricorde divine. La dame qui se tenait au milieu lui parut plus blanche que le lis, plus brillante que la rose, et elle répandait une suave odeur. Elle tenait un livre et une croix d’or. Tandis qu’Egwin songeait en luimême qu’une telle créature ne pouvait être autre que la Mère de Dieu, l’apparition, comme pour répondre affirmativement à cette pensée, étendit la main et le bénit avec sa croix.

Egwin, rempli de consolation, comprit que Dieu voulait qu’il érigeât en ce lieu une église à la bienheureuse Vierge. Il se mit bientôt à l’œuvre et l’édifice fut achevé en 701, grâce à l’assistance d'Offa, roi des Anglais de 1 Est et des deux rois de Mercie, Ethelred et Coenred. Dans la charte octroyée par Coenred et Oifa, en 709, on confirme solennellement que cette place est celle où la sainte Vierge se manifesta au vénérable Egwin.

L’histoire de la première fondation d’Evesham était, outre cela, figurée sur le sceau de l’abbaye; d’un côté on voyait l’abbaye soutenue par saint Egwin agenouillé, et de l’autre l’apparition des trois Vierges. Au-dessous, dans une espèce de trèfle, on distinguait Eoves conduisant ses porcs dans la forêt, et on lisait cet exergue en vieil anglais :

Eoves her wetiede mit was swin

Ecgwin depet Vis Eovishom.

Ce qu’on peut rendre ainsi : « Eoves vint ici

SANCTUAIRES ET IMAGES

avec ses porcs. Egwin nomme ce lieu (Vis ou Vie), Eoveshom (ou Evesham). Wicci était le nom que portaient alors les habitants de Worcestershire 1.

Evesham devint bientôt un lieu de pèlerinage très-suivi ; l’abbaye possédait plusieurs images de la sainte Vierge que le peuple avait en grande vénération. «Autrefois, dit le moine d'Evesham, il y avait dans la même église trois ou quatre images de la bienheureuse Marie tenant sur ses genoux le Sauveur figuré tout petit enfant. Dressées au-dessus des autels, elles étaient bien peintes, ornées d'or et de diverses couleurs et inspiraient au peuple une grande dévotion. Devant chacune de ces images pendait une lampe, laquelle, suivant la coutume de la même église, devait être allumée jour et nuit pendant les vingt-quatre heures 2. »

Les deux plus grandes cloches, Jésus et Gloriosa , avaient été remplacées par Adam, abbé, de 1160 à npi. On lisait cette inscription sur la première :

Christus vincit, Christus régnât , Christus imperat

et cette seconde sur la Gloriosa :

Ave, gloriosa virginum regina,

Vitis generosa, vitœ medicina 3.

FERNYHALGH

( Lancashire ).

Un pieux marchand, assailli en mer par une tempête, promit de bâtir une église s’il échappait au danger ; la tempête se calma aussitôt et il débarqua sur les côtes de Lancashire. Il se demandait de quelle manière il devait remplir

1. Northcote, 237. — Pour le sceau d’Evesham, on peut consulter: Hamper; The seul of Evesham abbey ; Archœologia } vol. XIX.

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