ANGLETERRE. — GLASTONBURY
fils, que Joseph d'Arimathie, fuyant les persécutions des juifs et n’emportant avec lui pour tout trésor que quelques gouttes de sang de Jésus-Christ, avait débarqué à l’ouest de l’Angleterre avec douze compagnons, qu’il y avait trouvé un désert entouré d’eau, qu’il y construisit et consacra à la bienheureuse vierge Marie une chapelle dont les murs étaient formés de branches de saules entrelacées et dont Jésus-Christ luimême n’avait pas dédaigné de célébrer la dédicace. La petite chapelle fut achevée trente et un ans après la passion du Sauveur et quinze ans après l’Assomption de la glorieuse Vierge. Pauvre d’apparence, elle était en revanche riche de bénédictions célestes. Ce lieu, prédestiné à devenir le premier sanctuaire chrétien des îles britanniques, était situé sur un affluent du golfe où se jette la Severn, il prit plus tard le nom de Glastonbury, et telle avait été, selon l’opinion populaire et invétérée, l’origine de la grande abbaye de ce nom. Ce sanctuaire des légendes primitives et des traditions nationales passait en en outre pour renfermer la tombe du roi Arthur, le premier type de cet idéal chevaleresque du moyen âge, où les vertus militaires se confondaient avec le service de Dieu et de Notre- Dame L
William de Malmesbury , dans sa courte notice sur les exploits du roi Arthur, proteste contre les fables qui ont obscurci la vie du héros breton et assure comme un fait historique que la grande victoire de Mount-Badon fut gagnée par le secours de la mère de Dieu, dont le roi portait l’image pendant le combat. Il ajoute que le prince avait cette image peinte sur son bouclier, et qu’en différentes fois il en obtint des miracles pour sa défense. Le bouclier fut exposé à la vénération publique dans la capitale et mis au nombre des images miraculeuses, comme nous l’apprend l’auteur de l’Atlas Marianus, sous le titre de Virgo de Clipeo ou Notre-Damedu-Bouclier.
Plus tard le sanctuaire fut oublié et la demeure