‹ La Sainte ViergeChapitre 889 sur 1187 · LINCOLN · texte numérisé non relu

LINCOLN

Les prélats normands que le Conquérant mit sur les sièges anglais furent souvent de trèshabiles architectes et reconstruisirent avec magnificence un nombre considérable de cathédrales et d’églises.

Le concile tenu à Londres en 1075 et présidé par l’archevêque Lanfranc s’occupa de la position des sièges épiscopaux; il ordonna que le siège de Dorchester, près d’Oxford, serait transféré à Lincoln , où l’évêque Rémy , un compagnon du Conquérant, érigea une magnifique cathédrale qu’il se proposait de dédier à la sainte Vierge lorsque la mort l'enleva la veille du jour fixé pour la cérémonie.

Notre-Dame-de- Lincoln est fréquemment mentionnée parmi les sanctuaires les plus vénérés des Anglais. Les habitants de cette ville, qui prirent part avec le roi Etienne à la guerre civile, choisirent Notre-Dame comme patronne et attribuèrent à son intercession la victoire qu’ils remportèrent en 1147 sur le comte de Chester, qu’ils repoussèrent de leurs murs avec grande perte. « Aussi, dit Hovedon , les victorieux citoyens de Lincoln, transportés de joie , donnèrent de ferventes actions de grâces et des louanges à leur patronne, la Vierge des vierges. »

La célébrité de Notre-Dame-de-Lincoln dura fort longtemps; nous trouvons sa description dans un inventaire delà cathédrale. « La grande image de Notre-Dame était assise sur un trône d’argent et d’or; elle avait sur la tête une couronne d'argent et d'or, enrichie de pierreries et

SANCTUAIRES ET IMAGES

de perles, à la main un sceptre non moins splendide avec un oiseau au sommet; elle tenait son enfant assis sur ses genoux, lequel était couronné d'un diadème avec pierreries et perles et portait un globe surmonté d’une croix de vermeil dans sa main gauche. » •

(Pl. CXXXVIII.) — Nous donnons le sceau de Sainte-Marie de Lincoln, qui nous offre une image de la sainte Vierge ; nous ne savons si l’auteur en fut inspiré par la célèbre madone. Ce sceau du xne siècle a om,o 76. Il porte en exergue :

SIGILLVM CAPITVLI SANCTE MARIE LINCOLNIENSIS ECCLESIE.

On mentionne aussi une statue de la sainte Vierge en ivoire dans le trésor de la cathédrale. Un tabernacle d’ivoire sur quatre pieds avec une image de la sainte Vierge; dans le milieu et de côté, la Salutation et la Nativité. Au sud de la cathédrale, un groupe, de la sainte Vierge d’un dessin très-pur.

On ne serait pas embarrassé de trouver des souvenirs de la dévotion spéciale de Lincoln envers la mère de Dieu. On voit encore, par exemple, une porte gothique qui nous offre une Annonciation parmi ses sculptures ; on l’appelle Stanboiv. Cette porte s’élève au-dessus de High- Street.

La cathédrale construite par Rémy, compagnon de Guillaume le Conquérant, fut rebâtie ( 1186-1200 ) par Hugues de Bourgogne, que son biographe Adam appelle le plus dévot serviteur et vicaire de Notre-Dame. La grosse tour commencée par le fameux évêque Grosstète, un autre client de Marie, fut complétée, au commencement du xive siècle, à l’aide d’offrandes populaires. Cette tour possédait six cloches appelées Lady-Bells .

En 1541, Lincoln eut l’infortune de recevoir la visite de Henri VIII ; ses regards sacrilèges, en s’arrêtant sur les richesses du sanctuaire, excitèrent sa cupidité; aussitôt après sa visite, il les envoya saisir.

Dans les environs de Lincoln, sur le parement extérieur de la tour de l’église Sainte-Marie de Wigford, on voit encastré un cippe romain dont le

fronton porte le nom de la sainte Vierge. M. de H übner qui avait d’abord attribué cette inscription au xvie siècle, n’hésite pas, après examen plus approfondi, à revenir sur ce premier jugement et à le considérer comme un monument du vne ou vme siècle. Le nom de Marie est très-lisible, et c’est ce qui nous importe le plus ici ; le reste de l’inscription peu clair a exercé sans beaucoup de résultat la sagacité des savants archéologues, tels que Stukety, Johnson, Troloppe; il a sans doute rapport au fondateur de l’église et à sa piété envers la sainte Vierge L

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