Voyez aussi Lanigan, III
et tient l’enfant Jésus sur ses genoux, elle est accompagnée de quatre anges, deux de chaque côté, l’un au-dessus de l’autre ; son voile est jaune dessiné par des traits noirs, son nimbe d’un grand diamètre a le fond rose, il est orné de trois petites croix pattées jaunes et garnies de pois bleus, il est ourlé d’un cercle avec filets bleus et pois jaunes. Les ailes des anges le traversent. Le manteau de la sainte Vierge est violet rouge avec ornements blancs. Sa robe violette tire sur le bleu. Son trône, terminé par un dossier ornementé, est enrichi de diverses couleurs.
L’enfant Jésus a les cheveux jaunes, les traits rouges, la tunique verte et la robe jaune, avec pois noirs et rouges.
Je dois dire que ce groupe, très-intéressant par sa haute antiquité, par ce souvenir de saint Colomban que la tradition y rattache et enfin par le témoignage qu’il nous donne de l’amour de l’Irlande dès les premiers temps pour la sainte Vierge, atteint le dernier degré de la décadence artistique. Les règles du dessin sont naïvement violées, c’est une œuvre d’enfant, une copie sans doute de quelque peinture apportée de France ou d’Italie, dont le pauvre peintre irlandais n’a pu imiter la correction. M. Weslwcod l’a reproduite dans son beau livre avec une conscience et un soin parfaits1.
M. Wilson, qui a bien voulu nous entretenir de cette miniature, nous fait à son sujet les observations suivantes : « Trois des anges tiennent un instrument composé d’un long manche surmonté d’un disque et qui rappelle les outils des sacrifices romains. On a hasardé l’opinion que c’était un flabcllum muscarium dont l'usage viendrait de l'Église grecque. On y verrait la confirmation de la théorie qui fait sortir l’Église d'Irlande d’une colonie de l’Église grecque. Dans le livre de Lindisfarne peint au vme siècle dans le même style que celui de Kells, les évangélistes ont des légendes avec les noms écrits en grec. »
1. Palœographia sacra pictoria , London, 1843-1845, n° 16. La P alæ o graphie al society vient de reproduire un très-exact fac-similé de cette miniature, 1877. (Pl. LVII.) Catal. de la Bibliot. nat., A, 1923.
SANCTUAIRES ET IMAGES
Quoi qu’il en soit de son inspiration, ce livre est authentiquement irlandais et nous offre un monument précieux pour l’inconographie de Marie dans le Nord.
A propos de miniatures, citons encore dans le beau recueil d'O’Connor la reproduction d’une couverture d’évangéliaire irlandais que l’auteur regarde comme antérieur à l’arrivée des Anglais dans bile (1160). La madone qu’on y voit est debout; elle tient l’enfant Jésus sur son bras gauche, sa tête est couronnée d’une sorte de panache 1.
KILCOUL.
En 1200 on construisit le monastère de Kilcoul, comté de Tipperary, sous le vocable de la sainte ViergeMarie de oArvi Campo 2.
KILBEGGAN.
En 1200 s’établit le monastère de la sainte
Vierge à Kilbeggan en Westmeath, appelé de Flumine Dei, allusion probablement à la rivière Brosna près de laquelle il était situé1.
RATHKEALE.
En 1200, on fonda le prieuré de Aroasian- Canons à Rathkeale, dans le comté de Limerick, sous le vocable de la sainte Vierge.
WEXFORD.
A la même époque, le monastère cistercien de la Sainte-Vierge-Marie de Tintern de Voto, fut créé dans le comté de Wexford, baronnie de Shelburne, par William, comte de Pembroke, à la suite d’un vœu fait en danger de naufrage.