‹ La Sainte ViergeChapitre 944 sur 1187 · BUNZLAU · texte numérisé non relu

BUNZLAU

Nous connaissons peu de monuments anciens du culte de la sainte Vierge en Bohème ; cependant le cardinal-archevêque de Prague, qui a bien voulu avec une insigne bonté collectionner pour nous les images des Madones les plus renommées, nous a procuré la photographie d’une statuette de bronze haute d’un pied et qu’on dit avoir été déjà vénérée au temps de saint Venceslas, c'est-à-dire au commencement du xe siècle. Une légende est attachée à son origine : Sainte Ludmilla y fit fondre l’or d’une idole et l’envoya à son petit-fils saint Venceslas; ce prince (935) l’aurait eu en grand honqeur, au point de la porter en triomphe; il l’aurait serrée contre son cœur, au moment où il fut assassiné, et en l’arrosant de son sang. Les assassins l’auraient alors enterrée et elle serait restée ainsi oubliée jusqu’au règne de Vladislas II, duc de Bohème. A cette époque, en 1160, un paysan trouva en

SANCTUAIRES ET IMAGES

labourant la terre une statue de la sainte Vierge, devant laquelle ses bœufs s’agenouillèrent en signe de respect; il la rapporta chez lui et le lendemain il la retrouva dans son champ; ce faits étant renouvelé trois fois, il la déposa dans l’église de Bunzlau. Les chanoines, peut-être d’après une tradition de leurs ancêtres, peut-être sur d’autres indices, reconnurent que c’était l image qui avait appartenu à saint Venceslas. Mais l'image ne resta pas dans le sanctuaire de saint Venceslas, pas plus que dans la maison du laboureur; pendant la nuit elle regagna l’endroit où on l’avait découverte. On comprit alors devant cette manifestation répétée qu’on devait y élever un sanctuaire en l’honneur de la sainte Vierge 1.

(Pl. CXXXXIII.) — Les caractères intrinsèques de cette sculpture sont loin d être conformes à la tradition; la sainte Vierge, drapée dans des plis amples et refouillés, est debout. Elle tient l’enfant Jésus nu et endormi. Elle incline vers lui ses regards avec un air profondément mélancolique. La nudité de l’enfant, la manière des doigts, le modèle des vêtements, sont différents, croyons-nous, du Xe siècle; et si nous nous permettions d’attribuer une date, elle descendrait au moins jusqu’au xmeou xive siècle. Il se peut qu’alors (ce qui arrivait si souvent) on ait recopié l’antique madone en lui donnant les formes et la manière des nouvelles sculptures.

Aujourd’hui elle a pris place parmi les joyaux de l’empereur.

Bunzlau est à 43 kilomètres nord-est de Prague et est devenu, à cause de cette Madone, un but de pèlerinage très-populaire.

EBERBERG.— HASPACH.

En 1033, Reginbert dirigeait l’église d’Eberberg.

Au xiic siècle, nous trouvons dans le spicilegium Ratenha-Selacense une église de Sainte-

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