‹ La Sainte ViergeChapitre 950 sur 1187 · RAGUSE · texte numérisé non relu

RAGUSE

En 7 8p, un dragon monstrueux, venu de l’Orient, parut sur le mont Épidaure à 12 milles de Raguse, où il répandit la terreur pendant treize ans ; un homme, d’une taille gigantesque venu également de l’Orient, arrive surla rive du fleuve à 6 milles de la ville et se construit une cabane avec des branches d’arbre, sans s’effrayer du danger que lui signalent les habitants, il leur dit que s’ils veulent se convertir il les délivrera du monstre. Ils le lui promettent; alors faisant une croix avec deux branches d’arbre il l’adore avec la foule, dit un oAve Maria, puis un bâton d’une main et une croix de l’autre il s’avance tranquille vers la caverne du dragon, qu’il somme au nom du Christ de sortir. Le dragon se couche à ses pieds, se laisse enchaîner et conduire à la cellule du vieillard, où il est enfermé et brûlé. Les populations reconnaissantes élevèrent sur ce lieu une église à la Vierge et y placèrent son image que de nombreux miracles ont rendue très-célèbre.

En 828, un navire vénitien venant l’Orient apportait avec lui, comme secours dans le danger, une image de la Vierge, due à un pinceau grec. — Tempête, périls extrêmes, vœu de l’équipage de mettre l’image à terre et de lui bâtir une église, après le danger, oubli du vœu et des cent pièces

d’or promises pour sa réalisation. — On reprend la mer par un temps calme ; mais bientôt une nouvelle tempête force le navire à relâcher au-dessous du château de Raguse. Comprenant alors ce que voulait la sainte Vierge, ils jettent les fondements d’un temple qu’achevèrent les Ragusains, et où la mère de Dieu devint l’objet de la vénération des matelots 1.

Sur le grand autel de l'église principale de Raguse, on voit une image de la sainte Vierge portant l’enfant Jésus sur son bras et couverte de lames d’argent qui ne laissent que les deux têtes apparentes. On l’attribue à saint Luc, mais on ignore l’époque où ce précieux trésor est arrivé2.

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