SCENE II
MAURICE, MADAME SPICKAERT.
IU entrent du tond, venant de la gauche, et causent, madame Spickaert appuyant son bras sur celui de Maurice.
MAURICE
Enfin, vous vous êtes bien portée durant ees trois mois? Car voilà trois mois que je vous ai quittés.
• MADAME SPICKAERT.
Oui, mon ami, assez courageusement, grâce à Dieu. Et vousmême, qu’avez-vous fait depuis votre départ de Bruges ?
MAURICE
Tout d’abord, comme vous me l’aviez demandé, je me suis informé, en arrivant à Bruxelles, du sort de ce malheureux frère de monsieur Spickaert, que vous aviez perdu de vue.
MADAME SPICKAERT.
Oui, je sais. Vous m’avez écrit qu’il n’existait plus, renvoyant les détails à votre retour. Eh bien?
MAURICE
Vous ne vous trompiez pas en pensant qu’il avait eu bien à souffrir, depuis le jour où son mariage avec une femme décriée l’a détaché de sa famille. Une fille est née de cette union ; mais, à peine la pauvre enfant était-elle au monde, que sa mère abandonnait fille et mari, poussée par la nostalgie de sa vie aventureuse. Depuis, on n’a plus entendu parler de cette femme, si ce n’est dix ans aprè6, où on apprenait qu’elle était morte, à Paris, je crois. Resté seul et triste, le père s’est voué à l’éducation de son enfant; mais lui-même s’éteignait, l’année dernière, laissant sa fille de vingt ans sans ressources et seule au monde.
MADAME SPICKAERT.
Pauvres gens! Et cette jeune fille, vous l’avez vue?
MAURICE
Non ; elle a quitté Bruxelles, sans qu’on ail pu positivement m’apprendre ce qu’elle était devenue. Un la croit cependant ici.
MADAME SPICKAERT.
A Bruges ?
M AURICE
Oui.