LA SERVANTE
Elle y est Encor.
Vois Azriel, comme il est inquiet Lorsque Photine...
l'autre Ah! ne parlons pas de Photine!..
La vie est de miel pur pour cette libertine!
UNE TROISIÈME
Oui, pendant que nos jours sont honnêtes et longs. Pendant que nous cuisons les pains, que" nous filons. Son amant la compare au muguet des vallées Et lui donne à croquer des pistaches salées.
AZRIEL
Mais que lui peut-il donc être arrivé?
(Criant au gardien de la porte.)
Schoër, Toi qui surveilles le lointain, perché dans l'air, Ne vois-tu pas venir Photine sur la route?
LE SCHOËR
Non, je ne la vois pas.
PREMIÈRE FEMME, à la deuxième.
Tiens, fine abeille, écoule!
N'est-ce pas irritant?
LA DEUXIÈME
Mais, douce olive, on dit Que la fin du scandale est proche. Elle perdit Toute pudeur. Ils vont la chasser de la ville.
LA TROISIÈME
Qui?
Les Anciens.
LA TROISIÈME
Vraiment?
Dans leur groupe immobile,
Tu vois, on parle bas. C'est d'elle!
LA DEUXIÈME
Il était temps!
Elle nuit à Sichem, à tous ses habitants... N'est-ce pas, cher palmier?
Mais oui, petite perle!
LA TROISIÈME
Si la fureur du Ciel contre Sichem déferle,
C'est à cause des yeux de Photine, trop doux !
UNE AUTRE
Sa robe attirera le tonnerre sur nous.
UNE AUTRE
Enfin, c'est une femme abominable !
UNE AUTRE
Certe
Et Dieu se servira d'elle pour notre perte !
LA DEUXIÈME
Si jamais elle nous regarde, insultons-la!
AZRIEL, à la servante.
Je vais aller au-devant d'elle.
LE SGHOËR, se penchant, du haut de la tour.
La voilà!
AZRIEL
Tu la vois?
LE SCHOËR
Elle court... Elle fait de grands signes!... Pour arriver plus vite, elle a pris par les vignes, Par les blés!... La voilà!... Comme elle court!
AZRIEL
Schoër, Ce n'est pas elle !
LE SCHOËR
Si, c'est elle! J'y vois clair!...
Ses cheveux sont épars... elle est toute hagarde... Comme elle court ! . . .
AZRIEL
Ce n'est pas elle!
LE SCHOËR
Si, regarde!
(Hhotlne paraît sous la grande porte, courant, éperdue, et elle s'arrête, haletante.)