ENFANTS FERNAND, GEORGES
DISCIPLES, SOLDATS ROMAINS, MARCHANDS, ARTISANS. TOUT LE PEUPLE SAMARITAIN.
Le Puits de Jacob
A l'intersection des deux grandes routes qui vont, l'une vers la Mésopotamie, l'autre vers la Grande
Mer, le Puits de Jacob, non loin de la ville de Sichem, en Samarie. Vaste citerne oblongue. Margelle basse sur laquelle on peut s'asseoir. Une voûte de pierre à moitié
ruinée arrondit encore une arche au-dessus de ce puits. Rustique manivelle de bois non écorcé
qui fait monter et descendre la corde où l'on suspend les urnes. Un vaste figuier sauvage étire horizontalement ses branches. Il y a là aussi un de ces oliviers dont la
pâleur est en Samarie plus argentée qu'ailleurs. Et quelques térébinthes, plus loin, et de sveltes
silhouettes de cyprès.
Le fond de la scène est un talus de verdure poudreuse sur lequel sont posées les roules comme une
fourche blanche; un sentier sinueux en descend vers le puits, et, derrière ce talus, la vallée de
Sichem est bleue.
Le Mont Ébal et le Mont Garizim ferment l'horizon ; le Garizim élève vers le ciel les ruines d'un
temple; dans le creux qui sépare les deux monts, Sichem éparpille les cubes clairs de ses maisons. Tel apparaîtra le décor, tout à l'heure, quand se lèvera le jour. Mais, quand le rideau s'ouvre, il fait
nuit encore. Belle obscurité transparente. Toutes les étoiles. Debout sur les pierres du puits, dans le
noir plus noir de la voûte, un très grand fantôme dont la barbe est celle d'un centenaire, s^appuie,
tout blanc, sur un bâton. Un second fantôme, aussi grand, aussi blanc, est immobile sur une
marche. Un troisième, pareil aux deux premiers, avec la même barbe, le même bâton de pasteur,
avance mystérieusement.