‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 15 sur 52 · LE MESSAGE · texte numérisé non relu

LE MESSAGE

J'ai fait d'un seul amour le flambeau de ma vie. Ciel d'automne, pleuvez, et vous, ô nuit d'hiver. Soufflez votre aquilon sur ce feu toujours clair Qui rend mon pas solide et ma miain enhardie.

Qu'importe si la ronce à sa grifTe d'envie Accroche mon talon et déchire ma chair, La flamme que je porte est trop haute dans l'air Pour craindre à son éclat quelque offense ennemie!

LA SANDAr.E AILEE

C'est ainsi que j'irai frapper aux portes d'or Qui ferment le palais de l'Ombre et de la Mort Et qu'elles m'ouvriront avec leurs mains tendues,

Car Gardiennes, ô vous, Sœurs d'un Frère immortel, J'apporte pour message à vos vieillesses nues Cette flamme allumée au feu de son autel.

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