‹ La sandale ailée, 1903-1905Chapitre 8 sur 52 · LE SOUVENIR · texte numérisé non relu

LE SOUVENIR

0 toi, dont l'ombre enc ore en ces lieux semble nue

Tant à jamais ta chair vit dans mon souvenir,

J'ornerai ton jardin d'une seule statue

Debout et qui sera celle de mon Désir^

Et ses bras chercheront encor ton ombre nue...

J'ornerai ton jardin — cyprès, iris et roses, — D'une fontaine en pleurs qui sera mon Amour; On l'entendra g-émir dans l'écho, au détour De l'allée où le pas s'attarde et se repose^ Quand, au soleil couchant et vers la fin du jour, S'allongent les cyprès et se courbent les roses.

LA SANRALE AILEE

0 fontaine, ô statue, attestez ce beau song-e Que nous aurons vécu jusqu'au soir qui descend Sur les arbres en cendre et sur les fleurs en sang".., 0 statue, ô fontaine, apprenez au passant Que ce qu'il foule ici fut le lieu d'un beau songe.

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