RUE
Rue commune, rue des jardins (famille des Rulacdes).
Description. Tige rameuse; feuilles un peu épaisses et charnues ; fleurs jaunes. Toute la plante a une odeur fort désagréable. »
Lieux. Cette plante croît naturellement dans les départements du midi de la France ; on la cultive dans presque tous les jardins.
Propriétés, usages. Les anciens et les modernes ont employé la rue comme un emménagogue très-puissant.
A l’extérieur son usage est très-mu Itiplié. En décoction ou en infusion on l’injecte dans les fosses nasales
contre l’ozène ou ulcères putrides du nez. On s’en sert sous forme de gargarisme, dans le traitement des ulcères fétides des gencives. On l’administre en lavement dans les affections vermineuses. La poudre ou la décoction de cette plante tue les poux. L’huile dans laquelle on a fait infuser de la rue, peut détruire l’insecte de la gale. On s’est servi avec quelque succès, de l’introduction du suc ou jus de rue plus ou moins étendu d’eau, dans le conduit auditif, pour remédier à des surdités atoniques et nerveuses.
PnÉPARATIONS, DOSES.
lüFusioN, 10 à 30 grammes par litre d’eau pour lotions, fomentations et injections.
Lavement très-efficace contre les hernies étranglées ET LES COLIQUES DE MisÉRÉRÉ. On fait infuseï’ pendant deux heures une forte poignée de rue fraîche et pilée dans un demi-litre de décoction de ieuilles de mauve, de mélilot et de camomille ; on passe avec expression et on y fait fondre 15 grammes de sel ammoniac et on ajoute 60 grammes d’huile de noix et autant de miel mercuriel, pour deux lavements à prendre à deux heures de distance.
Remède contre la rage. Prenez : rue, sauge, marguerites sauvages ou pâquerettes, feuilles, fleurs et racine, racine d’églantier, petite centaurée, armoise, absinthe, mélisse, de chacune une pincée; pilez le tout avec cinq ou six bulbes d’ail de la grosseur d’une noisette ; il faut commencer par piler l’églantier. L’on applique ce cataplasme sur la plaie. Comme tout le marc n’est pas employé pour un seul cataplasme, jetez dessus un verre de vin blanc, mêlez le tout, puis passez la liqueur par un linge avec expression et faites-
la prendre au malade à jeun pour empêcher le venin de gagner le cœur, ou le faire sortir. Il ne faut prendre de nourriture que trois heures après ce breuvage. Il est utile de réitérer le cataplasme et prendre la polion, pendant neuf jours consécutifs. On doit commencer par racler la plaie ; on la lave ensuite avec de l’eau et du vin tiède dans lesquels on aura fait dissoudre une pincée de sel.