LES FONCTIONS DE LA PEAU. — SANGTOHIUS
active : clans les pays chauds et humides, en basse Calilornie, par exemple, M. Diguet, un de nos excellents voyageurs clu Muséum, voyait souvent la sueur s’écouler en véritable jet de l’extrémité des doigts.
Indépendamment de cette sécrétion liquide, il se produit sur toute la surface de la peau une perspiration insensible qui a été étudiée et mesurée par Sanctorius, célèbre médecin et professeur de médecine à Padoue, qui a publié un livre intitulé de Medicina statica, en latin.
La figure 69 représente ce physiologiste dans un siège à support spécial fixé à l’extrémité d’une balance romaine. Sanctorius prenait son poids et pesait tout ce, qu’il ingérait en aliments solides et en boissons, tout ce qu’il expulsait en excrétions solides et liquides, et par différence il obtenait le poids du liquide exhalé en vapeur par les poumons et par la peau, ce qu’il appelle la perspiration insensible.
Les résultats de ces recherches comparatives, cjui ont duré des années, ont été publiés sous forme d’aphorismes; j’en citerai quelques-uns :
IV. — La perspiration insensible est beaucoup plus, grande cjue toutes les excrétions sensibles réunies.
V. — La perspiration insensible se fait par les pores du corps.
Si le poids d’aliments solides et de boissons s’élève par jour à huit livres, cinq livres sont éliminées par la transpiration insensible.
La peau protège nos muscles et tout l’ensemble de l’organisme, et ses fonctions physiologiques sont si essentielles que si une lésion étendue, comme une brûlure occupant une large surface, se produit, la mort est inévitable. Pour les brûlures moins étendues, l’application de l’acide picrique en solution aqueuse saturée avec un pinceau est un des meilleurs procédés de traitement (pro-. fesseur agrégé Thiéry).
Si l’on revêt toute la surface de la peau d’un animal, d’un lapin par exemple, avec un corps gras ou un ver-
nis, l’animal meurt au bout d’un certain temps, avec un abaissement notable de la température qui a été signalé par le professeur Jolyet. Nous devons donc bien nous garder de faire faire sur toute la surface du corps des onctions avec des corps gras.
Glandes thyroïdes. — Les glandes thyroïdes appartiennent au groupe des glandes à sécrétion interne qui n’ont pas de conduit excréteur et qui ont embarrassé longtemps les physiologistes. Tous les phénomènes chimiques qui se produisent dans ces glandes donnent naissance à des substances qui pénètrent dans les veines et dans les lymphatiques et qui entrent dans le sang comme la matière glycogène et le glucose, qui se produisent dans le foie, pénètrent dans les veines sus-hépatiques (Claude Bernard).
Elles sont situées chez l’homme dans la région du cou et composées de deux lobes appliqués sur les côtés du cartilage thyroïde du larynx et réunis en avant par un isthme ; ces glandes reçoivent des artères volumineuses. Les glandes thyroïdes sont formées de vésicules arrondies dont les plus petites ont quelques millièmes de millimètre de diamètre, et les plus grandes un dixième de millimètre de diamètre.
L’analyse chimique a démontré que ces glandes contiennent de l’iode combiné avec une matière organique, qui a reçu le nom de iodo-thyrine (Baumann).
L’ablation du corps thyroïde produit chez les animaux des troubles variés, particulièrement des contractions tétaniques qui ont été étudiées par mon savant assistant M. Gley et qui peuvent causer la mort des animaux.
L’absence des glandes thyroïdes chez l’homme détermine des arrêts de développement et toute une série de lésions qui constituent l’état maladif qui a reçu le nom de myxœdème. Les sujets restent nains, présentent une face bouffie en forme de pleine lune, des troubles de l’intelligence, une grande apathie.
C’est pour cela que les chirurgiens qui opèrent les