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L’OXYDE DE CARBONE

liant d’un réservoir à oxygène comprimé. Les mouvements respiratoires étant complètement arrêtés, le docteur Nicloux pratique, à ma demande, la respiration artificielle à l’aide des deux mains appuyées sur le thorax : l’efficacité des mouvements transmis aux poumons est manifestée par le jeu des soupapes.

24 minutes : ]\I. Nicloux sent sous les mains un premier mouvement respiratoire spontané de l’animal.

26 minutes : les mouvements spontanés de l’animal deviennent plus fréquents, la respiration est complètement rétablie, le chien est sauvé.

28 minutes : on fait passer 100 litres d’oxygène pur dans le gazomètre vidé d’abord , que l’on fait respirer à l’animal pour hâter l’élimination de l’oxyde de carbone.

36 minutes : l’animal présente dans les membres des mouvements d’agitation qui ne durent pas.

53 minutes : les 100 litres d’oxygène ont traversé les poumons.

On cesse de faire respirer ce gaz : le chien détaché, placé sur le sol, reste couché sur le flanc; il aboie et crie sans cesse.

4 heures 10 : l’animal essaye de se relever et retombe aussitôt; il continue à se plaindre.

Le lendemain, le chien est complètement rétabli.

L’extraction des gaz du sang pris 15 minutes après le début de l’empoisonnement a donné des résultats très instructifs :

100 centimètres cubes de sang, tous calculs faits, renfermaient :

Acide carbonique 27‘‘‘’7

Oxygène 1 2

Oxyde de carbone IG 5

Moins d’acide carbonique que le sang normal, en moins; beaucoup moins d’oxygène, 1,2 au lieu de 11,8, c’est-à-dire 10*=“^^, 6 en moins et beaucoup d’oxyde de

carbone qui a été dégagé à 100° par 50 centimètres cubes d’acide phosphorique trihydraté.

Cette expérience démontre directement, comme l’a établi Claude Bernard, que l’oxyde de carbone remplace l’oxygène dans sa combinaison avec l’hémoglobine, puisque nous voyons que le sang empoisonné ne renfermait plus que 1,2 d’oxygène et contenait 16,5 d’oxyde de carbone. Elle montre en outre combien est efficace l’action, aussi prompte que possible, du médecin dans un cas d’empoisonnement par l’oxyde de carbone et l’emploi tout à fait indiqué d’une grande quantité d’oxygène. J’ajouterai que le procédé des tractions de la langue de mon regretté collaborateur Laborde a rendu aussi de grands services, particulièrement dans un cas d’empoisonnement par le gaz d’éclairage qui eut lieu au Jardin d’acclimatation, lors du gonflement d’un ballon par le gaz; mais il a fallu une grande persévérance, et on a pratiqué pendant trois quarts d’heure les mouvements de traction de la langue, pour ramener le patient à la vie.

Les limites de l’absorption de l’oxyde de carbone par le sang d’un mammifère vivant (chien). — J’ai

publié dans les Archives de physiologie normale et palho^ logique de MM. Bouchard, Chauveau, Mare}% en avril 1898, un mémoire dont je ne puis indiquer ici que le tableau des résultats :

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