CHAPITRE I
Des Mouvements.
Quel est l'appareil du mouvement chez l'homme ?
Il se compose du squelette, des muscles et des
nerfs. Le squelette est la charpente du corps : il est
formé par les os. Les muscles sont des bandelettes de chair fixées au squelette par les deux extrémités qui se terminent en une substance blanchâtre et résistable qu'on appelle tendons. Les nerfs sont de petits filaments qui partent du cerveau, qui est le centre du système nerveux, et animent tout notre corps dans lequel ils se distribuent à l'infini.
Quel est le mécanisme du mouvement ?
Dans le mouvement, il y a toujours trois actes : l'un se passe dans le système nerveux qui commande ; l'autre dans le muscle qui se contracte ; le troisième dans l'os qui se déplace.
Comment se fait la contraction des muscles ?
Ils se raccourcissent et attirent l'os qui présente le moins de résistance et l'entraînent vers celui qui, restant immobile, leur sart de point d'appui. En général les muscles agissent sur l'os qui est le plus éloigné de la partie centrale du corps. Ainsi ceux qui remuent les doigts occupent la paume de la main et l'avant-bras.
RÉFLEXIONS
Les mouvements exercent une influence puissante sur tout notre corps, sur son fonctionnement et sa santé.
L'assimilation, ce travail réparateur de la vie, se fait beaucoup mieux quand le corps se livre à un exercice raisonnable. L'exercice augmente la force de la respiration, fait absorber plus d'oxygène et cela aide, comme on l'a déjà vu, à la combustion des aliments et à leur transformation. De là vient que les hommes qui se livrent à l'exercice ne connaissent jamais ces maladies de la vie sédentaire, telles
que la gravelle, la goutte, etc., qui sont des maladies où le travail assimilateur et éliminateur ne se fait pas naturellement. Celui donc qui souffre de cette maladie se souviendra que l'exercice en est la prévention.
Une preuve évidente que l'assimilation est augmentée par l'exercice, c'est l'accroissement en volume des muscles qui font beaucoup d^exercice : les bras des boulangers et des atblètes, les jambes des danseurs, nous montrent quel développement ils peuvent acquérir, tout cela parce que la nutrition des muscles se fait en proportion de l'exercice qu'on leur donne.
Les exercices sont nombreux, et il est bon de les employer tour à tour. Tel exercice, comme tel ouvrage, contribuera au développement de la partie du corps que fait travailler surtout cet exercice : il faut donc se livrer à tous, ou au plus grand nombre autant que cela se peut. Le jeune âge aime la course et le saut. C'est un excellent moyen d'augmenter l'élasticité des fibres musculaires et la souplesse des articulations. Pour bien courir, il faut porter la tête et les épaules en arrière et les tenir fixées, ne pas relever trop les jambes, et porter toute la plante du pied en plein sur le sol : car on ne peut courir longtemps sur la pointe des pieds.
Le saut a ses lois également. Il faut en retombant ployer sous le poids du tronc de manière à épargner des contre-coups aux organes ; puis, dans le même but, il faut toucher le sol par l'extrémité des pieds, afin aussi que la chute soit amortie par la décomposition de la secousse. C'est là le moyen de prévenir les entorses, les fractures, etc., qui sont causées si souvent par le saut.
Le saut et la course, je l'ai déjà dit, conviennent au jeune âge, et sont peu praticables à un âge avancé. La marche ordinaire est l'exercice du plus grand nombre. Il est bon de marcher régulièrement plusieurs heures par jour, pour une personne dont la vie est sédentaire. En effet à ceux qui vivent- dans une espèce d'oisiveté musculaire je conseillerai non seulement l'activité des jambes mais aussi des bras. La gymnastique fournit une foule d'appareils qui procurent aux bras le mouvement que la marche donne aux jambes. En leur donnant une égale part, la circulation du sang se trouve augmentée en égale proportion aux deux extrémités du corps, et l'une ne souffre pas aux dépens de l'autre, ce qui arrive bien souvent quand on n'a pas cette bonne habitude. On ne peut expliquer autrement une foule de maladies des extrémités inférieures, qui sont causées parce que le sang y est continuellement en trop grande abondance.
Un des meilleurs exercices auxquels on puisse se livrer habituellement, à toutes les époques de la vie, quand l'habitude en a été contractée à son début, c'est bien la natation.
Le bain ne doit pas être, comme il est pour certains peuples, un luxe qui efféminé, mais bien un exercice avantageux pour le développement des forces physiques et le soulagement d'une foule d'indispositions. L'on commence à comprendre cela parmi nous, puisque l'on a déjà songé à établir des cercles de natation. Tant mieux, puissions-nous apprendre à traverser notre St. Laurent aussi. facilement que les Romains le Tibre et les Spartiates l'Eurotas !
Il y a différents modes de natation ; les principaux sont les suivants, qu'il est bon de connaître :
" La natation, dite en brasse, est la plus ordinaire. Les membres supérieurs et inférieurs, les bras et les jambes, étant fléchis préalablement jusqu'à jonction des mains vers le menton et des talons vers les fesses, se déploient brusquement par un mouvement d'extension simultanée; les mains qui étaient assemblées en pointe rompent le fil du liquide, les pieds le repoussent, et pendant que les talons sont de nouveau rapprochés des fesses, les extrémités supérieures s'écartent en arrière pour repousser l'eau.
" La natation sur le dos, dite en planche, nécessite une forte distension de la poitrine par de grandes inspirations, faites aussi rarement que possible : le corps immobile flotte au gré du courant.
" La natation appelée la coupe fatigue plus et exige une grande vigueur : le nageur domine l'eau de sa tète, agit par les membres pelviens, comme dans le premier mode, moins la régularité de leurs mouvements ; mais de ses bras il décrit alternativement un demi-cercle hors de l'eau, projetant l'un en avant pour rompre le fil du liquide qu'il repousse en arrière avec l'autre.
"Il est beaucoup d'autres allures de natation qui ont pour effet d'exercer plus particulièrement un certain nombre de muscles, sans que les autres portions du système musculaire y restent étrangères. Toutes ces influences de mouvements divers, combinées aux influences qui dérivent de la température, etc., donnent, les bons résultats avantageux attachés auxbains."
(Michel Lévy.)
Voici les règles à suivre lorsque l'on prend un bain: 1<> Il ne faut jamais se permettre de prendre un
bain immédiatement après le repas ; il faut attendre
au moins trois heures. Que de noyades survenues pour s'être baigné quand la digestion était dans tout son travail : il survient alors des accidents brusques qui font noyer un bon nageur dans quelques pieds d'eau 1
2° La température de l'eau doit être à peu près celle du corps, autant que possible ; néanmoins, par l'habitude on manque facilement à cette loi : les Russes passent facilement d'un bain chaud dans un bain froid. On ne doit jamais se mettre à l'eau après une longue marche, quand le corps est en sueur ; se reposer alors et se laisser refroidir est une grande précaution.
3° Au lieu de se mouiller graduellement tout le corps, on plonge brusquement à différentes reprises : c'est à peu près le seul moyen d'éviter le saisissement suffoquant qui se produit lorsqu'on entre peu à peu dans l'eau.
4° Le bain étant un exercice dans l'eau, il faut remuer en tout sens, comme un nageur, afin d'aider à sa bonne action.
5° Le bain ne doit pas être de même durée pour tous. La règle à suivre alors est celle-ci : il faut sortir du bain aussitôt qu'un frisson se fait sentir ; rarement il est bon de rester à l'eau après le premier frisson. Celui-ci tarde à venir selon les individus. Pourlesunsquelques minutes suffisent, pourlesautres un quart d'heure ; pour d'autres enfin 40 minutes.
6° Au sortir de l'eau je conseille de s'essuyer parfaitement, au moyen de frictions faites avec des toiles grossières. Si la chaleur tarde à venir (ce qu'on appelle la réaction) il est bon de se donner de l'exercice.
Les bains sont d'une si grande utilité qu'ils sont devenus une question d'administration publique pour grand nombre de villes. Faisons comme elles, et que les bons nageurs aient leur médaille de distinction et de récompense !