‹ La SaphoChapitre 3 sur 30 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

qu'en France ? On donne à une pauvre enfant pour la perte de son âme autant d'argent qu'il en faudrait pour en sauver dix de la honte.

Un morceau de pain se refuse souvent, un verre de wisky et de genièvre se donnent toujours.

Lisez les notes et descriptions si intéressantes et sivraies écrites par le docteur G. Richelot ; il tous démontrera que le sentiment qui fait agir ces masses dépravées , masses qui jettent de grandes ombres sur un côté du caractère anglais, n'a pas pour excuse Fentraînement de l'amour et de la passion ; le matérialisme seul les fait agir, et Dieu sait dans quelles conditions !

Vous connaîtrez les habitants de Peter' s Street^ lés Lodgings et leurs chambrées, les Gin-Palaces et ceux qui les hantent.

Paul Féval vous a fait parcourir les tavernes dans ses Mystères de Londres; vous n'avez pas oublié the Pipe et Pot et Loo la poitrinaire.

Il y a quatre ans , à mon arrivée en Australie, je fus engagée à déjeunera bord d'un navire qui avait jeté l'ancre en grande rade près de Pic-Nic Points à quelques lieues de Melboum, le vent de sud-ouest se leva tout à coup en soulevant les vagues comme des montagnes. Il fut impossible de mettre une embarcation à la mer.

^. — Vous êtes mes prisonniers, nous c|it en souriant

PRËFAGfi. lil

Je capitaiue de la Henriette, vous ne pourrez partir que demain, et encore...

Il fallut se résigner. La Foirée menaçait d'être bien longue. Jusque-là j'avais à peine remarqué les personnes qui m'avaient été présentées à mon arrivée à bord ; mais peu à peu toute mon attention se porta sur un jeune homme qu'on m'avait dit se nommer Fabien,

Son teint était pâle, son regard abattu, on devinait un noir chagrin sous les rides prématurées qui sillonnaient son front.

Il regardait souvent un médaillon qu'il portait en guise de montre* Malgré moi, je me penchais pour voir. Il me devina, et me montra une miniature qui se trouvait à l'intérieur de la boite. C'était un portrait de femme.

— Oh! la jolie personne, m'écriai-je! Il me fit signe de garder le silence en me désignant le capitaine qui pouvait nous entendre.

Lorsque chacun fut rentré dans sa cabine, je lui demandai pourquoi il avait l'air si triste en regardant ce joli portrait qui semblait lui sourire.

— Vous voyez un sourire sur ses lèvres, me dit-il avec tristesse ; moi je vois des larmes dans ses yeux.

Je fus entraînée par la curiosité à commettre une indiscrétion, et je lui demandai : qui est c^ttedame.

— L'héroïne d'une triste histoire, me dit-il, mais

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