‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 13 sur 59 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

IMoose-Jaw (!)

Superficie : 21.664,196 acres; district le plus étendu après ceux de Prince-Albert ct Battleford.

Limites : Au sud, 4% parallèle (Etats-Unis); à l'est, 23° rang, ouest du 2 méridien jusqu'au township 19, le cours de la Qu'Appelle et de la Saskatchewan jusqu'au township 80 (Regina et Saskatoon), au nord, le township 30’ (Battleford); à l'ouest, le 4 méridien (Alberta).

Population : 87.725 habitants en 1911 (2,59 par mille carré): en 1901, 5.761 habitants. Population rurale : 67.826 habitants, soit plus du triple de la population urbaine : 20.399 habitants.

. Cité : Moos-Jaw: villes : Caron, Kindersley, Maple-Creek, Swift-Current; villages : Alsak, Bounty, Brock, Brownlee, Eyebrow, Gull-Lak, Herbert, Keeler, Marquis, Morse, Mortlach, Netherhill, Tompkins, Tugaske, Tuxford, Webb.

L'altitude moyenne de ce district est plus élevée que partout ailleurs dans la province; on y trouve d'importants accidents de terrain, la Montagne Boisée et les collines des Cyprès qui atteignent 4.243 pieds à leur sommet {2}. Toutefois, Fe ane général cest celui de la prairie ondulée, presque * sans bois,

près de la Saskatchewan du sud; où il est sillonné de nombreux ravins et coulées qui s'étendent jusqu'à la rivière. Le sol est. partout composé de marne sablonneuse. Parfois on rencontre une marne argileuse avec sous-sol d'argile ou un peu de marne noire dans les bas-fonds et dans les lits desséchés des marécages et des ruisseaux. Ces terrains sont exceptionnellement fertiles; en y cultive avec succès le blé, l'avoine, le lin et l'orge. Il n'est pas rare de voir des rendements de 70 boisseaux d’avoine ‘et de 35 boisseaux de blé à l’acre Le foin n'est pas abondant, mais on peut cependant s'en procurer dans la vallée de la Qu’'Appelle et dans quelques marais.

De honnes routes sillonnent cette‘partie du district, la reliant avec les villes avoisinantes, qui bornent la ligne principale du Pacifique Canadien. De plus, un embranchement de chemin de fer relie Moose-Jaw à Elbow et facilite considérablement les moyens de transports si nécessaires à ces nouveaux pays. Une grande activité règne tout le long de la nouvelle ligne'et les villes s'y développent rapidement.

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() Tous les renseignements statistiques pour tous les districts sont extraits du recensement de 1911, sauf indication contraire.

(2) Saskatchewan, Minister of Agriculture, 1911.

On n'a, jusqu'à présent, trouvé aucun indicale charbon ou de lignite; les colons s'approvisionnent de combustihle dans l$ gares. L'eau potable ne peut guère être obtenue aux sources el aux ruisseaux; il est nécessaire de creuser des puits où l'eau se rencontre à une profondeur de 25 à 75 pieds, mais dans plusieurs cas la quantité est faible ct l'eau est souvent alcaline. Il n'y a pas de gelées d'été pouvant endommager les récoltes; la chaleur pendant les mois d'été est intense. Toute cette magnifique région offre partout des terres propres à la culture et ses immenses ressources ne peuvent encore être appréciées à leur juste valeur. 1] ÿ a, toutefois, une partje considérable de terrain, spécialement le long de la rivière Saskatchowantqui ne saurail être, à proprement parler, désigné comme terrain agricole, mais qui offre un sol idéal pour l'élevage. Le pays est rapidement colonisé, principalement par les américains. Au sud de la ligne principale du Pacifique Canadien le sol est surtout argileux et convient à la culture des céréales; par endroits c'est de la marne argileuse ou de l'argile sablonneuse, propre aussi bieñ aux paturages qu'à la culture. \

C'est au milieu de cette plantuteuse région qu'est siluée- Moose-Jaw, sur la ligne principale du G. P.R., à 398 milles à l'ouest de Winnipeg et à 442 milles à l'est de Calgary. La population y est passée de 1.558 habitants en 1901 À 6.249 en 1906 et à 13.823 habitants en 1911. C'est une gare d'embranchement

Amportante et le terminus de la ligne Soo et de la ligne de Moosejaw à La-

comhe par Outlook. Deux autres embranchements, l'un du C. N. R., l'autre du G.'T. P, sont projetés pour atteindre Moosc-Jaw. La cité possède : des bureaux pour les terres de la Puissance et les titres des terres provinciales, une minoterie très importante, de nombreuses hanques, des églises et des écoles, y compris un institut collegial, récemment construit (1).

Les permis de Cobstruction ont suivi la marche ascendante suivante : $ 1.071.000 en 1910; $ 2.413.736 en 1911; 8 5.275.797 en 1912.

Enfin les chiffres ci-après, indiquant les dépenses faites dans la cité, en montrent la situation et le développement en 1911.

Importance et valeur des services publics : $ 443.357.

Valeur des constructions érigées en 1911 : $ 2.425.736.

Dépenses faites pour constructions ou améliorations permanentes : $ 359.203.

Dépenses d'assainissement, y compris les égouts : 8 407.922 (2).

Un peu plus au centre du district existe une région très propice à l’élevaze, comprenant plusieurs chaînes de collines sablonneuses et une srande étendue de terrain longeant les ruisseaux Notukeu et Wiwa et la rivière Boïisée. Le terrain est accidenté et montueux, coupé d'immenses ravins, de coulées et de ruisseaux, offrant aux animaux un excellent abri pour la saison froide. Mais le sol convient aussi: en bien des endroits, à la culture des céréales. Le ruis-

(1) Pour l’approvisionnement en eau de la ville, voir les notes, pages 45 et 46, chapitre VIII, Regina. .

(2) Seventh annual report of the Department of Agriculture of the province of Saskatchewan, 1911. °

seau Notukeu est un splendide cours d'eau douce assez profondément encaissé, coulant le plus souvent au milieu d'uno prairie découverte et bordé çà et là par quelques massifs de saules.

Près de Notre-Damo-d'Auvergne le sol est composé d'excellent humus co 4 tenant un engrais naturel dans le calcaire ct reposant, presque partout, sûr une couche de glaise, On y cultivo le blé, l'avoine, l'orge, le lin et les plantes potagères.

Entre cet endroit et les deux grands lacs Johnston et des Rivières, dont les caux ne sont malheureusement pas potahlés, on trouve du gibier en ahondance : antilopes, loups de prairie, coyoles, blaireaux, ainsi que des poules de prairie, d'innombrables volées de canards et des oies sauvages de toutes variétés. Il fdut être Lémoin de la migration do ces oiseaux sauvages, qui se dirigent vers le sud à l'automne, pour se faire une idée de leur nombre et de la quantité énorme de nourriture qui leur est nécessaire.

Le crique Swift-Current traverse cette région à l'ouest. Il prend sa source sur le versant oriental des collines des Cyprès, franchit une vallée de 200 à 300 pieds de profondeur et de un mille de largeur jusqu'en deça de quelques

milles de son embouchure, et entre ensuite dans une gorge d'environ 500 pieds de profondeur. ‘

Les bords du crique sont très peu hoïisés; sur les côteaux en amont se rencontrent des prairies onduleuses coupées d’innombables coulées; le sol est composé de glaise et de sable (1).

C'est à l'endroit où la ligne principale du Pacifique Canadien coupe le crique Swift-Current que se trouve la ville du même nom, à 148 milles à l'ouest de Regina. Elle comptait 1.852 habitants au récensement de 1941; c’est un centre d'approvisionnement pour la population agricole environnante que l'on peut estimer à 10.000 habitants. ‘

La région aux environs du lac Willow-Bunch, dont les caux sont alcalines, est assez accidentée. Le foin étant partout ahondant, des éleveurs s'y sont éta. blis, mais le sol convient aussi parfaitement à la culture en certains endroits. Le gibier est plutôt rare. Le lac des Rivières, très alcalin et peu profond, est entouré de rives élevées coupées par de profonds ravins. Il est assez difficile ‘ie se procurer de l'eau potable dans les townships environnants.

Dans le coin sud-est du district, entre la limite de Regina et le 4 méridien, le sol se compose de marne argileuse avec sous-sol d'argile, souvent alcalin, mais on trouve aussi du gravier en plusieurs endroits. La surface est en général trop accidentée pour convenir à l’étahlissement de fermes; le terrain est mieux adapté à l'élevage des bêtes à cornes, des chevaux et des moutons, ces derniers doivent cependant moins bien réussir à cause des grandes quantités de chiendent dont ils ne veulent pas. Il va peu de hois et de broussailles, presque pas de marais, donc du foin en petite quantité; le climat est généralement sec, quoiqu'il ne soit pas rare de voir, en été, de nombreux orages accompagnés de grêle et de grands vents. On a trouvé de la lignite dans la région. ‘De nombreux criques, presque tous d’eau potable, mais souvent à

(1) Rapport concernant le Jjaugeage de certains cours d'eau, 1910 :

Aspect du district de Saskatoon

Regina. Il avenue

sec l'été, 8e dirigent vers le sud, pour aller alimenter les affluents du Missouri.

En se dirigoant vers l'ouest, le long de la frontière des Etats-Unis, entre los 8° et 30° rangs, à l'ouest du 3° méridien, le terrain est composé de marne s4blonneuse avec sous-sol argileux. Le sol onduloux et accidenté convient plutôt à l'élevage qu'à la culture; l'eau douce peut êtro obtenue dans les nombreux criques qui coulent vers le sud, il n'y a pas de gelées d'été.

Les accidents de terrain les plus marqués de la contrée — et aussi de la province — sont la Montagne Boisée et les collines des Cyprès.

On trouvait autrefois dans la Montagne Boisée beaucoup de bois, de grands troupeaux de bisons et des tribus d'indiens (1). Tout a disparu ct quoique ces collines élevées aient conservé leur nom, il n'y existe plus que quelques buissons et presque pas de bois de charpente. Le sol, souvent alcalin, est fait d'argile dure ou légère, avec, ça et là, quelques places de gravier, surtout sur les hauteurs.

C'est avant tout un pays d'élevage où les bêtes à cornes et les chevaux réussissent mieux que les moutons pour la raison donnée plus haut.

Tout ce massif est composé de hautes collines séparées par de profonds ravins où les bestiaux trouvent un abri suffisant pour hiverner et une nourriture abondante fournie par de vastes étendues d'herbe et de nombreux champs | de foin.

. Les chutes de pluie sont plus fréquentes que dans la contrée environnante; il n'y a pas de grands criques, mais l’eau n’est jamais rare à cause des sources d'excellente eau que l'on trouve un peu partout.

Des traces de charbon ont été découvertes. Le gibier est représenté surtout par l'antilope, le chevreuil, les canards et les poules de prairie. *

C'est dans l'autre accident de terrain, les collines des Cyprès, qu'est situé le point culminant de la province : 4.243 pieds (2). Les collines des Cyprès, à 300 pieds au-dessus des plaines nues, parsemées d'étangs salins, environnées de coulées et presque isolées constituent le faîte de partage des eaux entre les affiuents de la Saskatchewan et ceux du Missouri (3). llles sont situés dans une région où la pluie fait souvent défaut et où l'irrigation est généralement pratiquée. Elles deviendront, de plus en plus, le centre des petits éleveurs qui assureront leur provision de fourrage au moyen de l'irrigation. On a déjà re- : marqué que, pendant les années de sècheresse on peut se nrocurer dans les collines des Cyprès une quantité de foin suffisante pour l'alimentation des animaux, tandis que dans les terres basses environnantes la récolte «st nulle. Une petite réserve forestière a été créée en 1906, une autre y a été ajoutée depuis et il est à présumer qu'on ne rencontrera aucune difficulté à boiser la plus grande partie des collines avec de bonnes plantations de pin lodgepole et d'épinette.

Au sud des collines des Cyprès les colons sont plus disséminés,; ils s'adonment à l'élevage des bêtes à cornes et des chevaux qui paraît être d’un hon.

(1) Amérique Boréale, Eliséo Reclus.

(2) Saskatchewan, Minister of Agriculture, 1911. (4) Amérique Boréale, Elisée Reclus.

profit. Le lerrain se compose d'argile forte avec souvent beaucoup de pierres, landis que dans les environs immédiats des collines il est d'une nature bion plus marneuse.

Entre la Montagne Boisée et les collines des Cyprès coule la rivière du Français. Ce cours d'eau, au lit sinueux el aux eaux troubles, prend sa source sur le versant méridional des collines du Cyprès dans le lac du 4pême nom. Non loin de son origine, il coule à travers une vallée de 200 à 300 picds de profondeur ct de L à 2? milles de larseur, En aval d'East End la vallée s'élarzit (elle n jusqu'à 4 milles de large en certains endroits) ct sa profondeur est de 300 à 400 picds. Sur les coteaux longeant la rivière se rencontrent des prairies onduleuses, coupées de plusieurs coulées, qui augmentent en nombre à: mesure que l'on approche de la source de la rivière (1).

La rivière du Français déborde fréquemment au printemps, mais elle est réduite à l'état de:petit ruisseau en été .Les petits criques qui l’alimentent sont souvent à sec pendant la même saison, mais au moment des orages ils sonflent rapidement. .

Dans le coin sud-ouest du district, près du crique Lodge, le sol est généralement de 3° classe ct consiste en une argile dure avec de grands espaces de eraviers, exceplé dans les vallées qui sont relativement étroites et où se trouve une marne Sahlonneuse aisément cultivable et très fertile; les inondations de printemps nuisent malheureusement à ces ferrains, attendu que es cours d'eau qu'ils bordent s'élèvent et s'ahaissent avec une très grande

-<ranidité, comme tous ceux des prairies.

En remontant vers le nord, nn peu après Maple-creck, le sol est léger et sablonneux eu composé d'argile sahlonneuse. L'eau peut être facilement ohtenue dans des puits peu profonds; l'eau des étangs est honne pour le bétail, ie foin est ‘abondant; les canards ct les oies sauvages ahondent à l'automne el au printemps, surtout autour du lac Bigstick.

A Maplo-creek, on a découvert du «az naturel, à une profondeur de 1.200 pieds, avec une honne pression. .

1 nous reste enfin à parler de la partie du district comprise entre la Saskatchewan du sud et la limite nord, caractérisée par de nombreux lacs et nn terrain parfois accidenté, notamment dans le Coteau. En beaucoup d'endroits le sol est composé de marne noire avec.sous-sol d'argile: il convient à la prairic-aussi bien qu'à la culture des grains; on rencontre quelques inarais à foin. Le bois étant rare cb toute trace de charbon ou de lignite faisant défaut, il en résulte d'assez grandes difficultés pour l'approvisionnement en combustible de toute cette partie du district. L'eau du lac Red deer est alcaline: au sud du lac, le pays est très accidenté et le sol composé: d'une marne sablonneuse avec un sous-sol de sable on d'argile; les parties très pierreuses ne sont pas rares, il y a peu d'eau et les marais à foin sont à, sec l'été.

Dans son ensemble, le district de Moose-Jaw qui fut autrefois presque exclusivement un région d'élevage, convient parfaitement à la culture mixte La récolte des céréales y est en grand progrès.

() Rapport concernant Le jaugeage de certains cours d’eau, 1910.

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