‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 17 sur 59 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Assiniboin | \ Superficie : 4.803.514 acres.

Limites : Au sud, 49 parallèle (Etats-Unis); à l'est, limite du Manitoba; au nord, le township 12; à l'ouest, le 15° rang à l'ouest du 2° méridien. °

Population : 42.556 habitants en 1911 (5,67 par mille carré). En 1901, il n'y avait que 9.332 habitants. . .

Cité : Weyburn; villes : Alameda, Areola, Carlyle, Carnduff, Éstevan, Oxbow: villages : Antler, Clarievale, Creelman, Fairlight, Fillmore, Forget, Frcbisher, Gainsboro, Glen Ewen, Goodwater, Griffin, Halbrite, Heward, Kisbey, Lampman, Macoun, Manor, Mayfield, Midale, North Portal, Osage, Redvers, Roché Percée, Stoughton, Wauchope, Wawota. À

L'accident de terrain le plus caractéristique du district est la Montagne de l'Orignal. Elle présente une succession de vallonnements, de buttes et de collines qui deviennent de plus en plus accentuées et boisées à mesure que l'on avance vers l'est. Dans l'ouest on trouve des bouquets de saules et de peupliers nains, de très nombreux petits lacs (sloughs) et des réserves à foin. Le centre est plus boisé et même couvert, à certains endroits, par les prolon. gements de la grande forêt. Les « sloughs » disparaissent alors pour faire place à une quantité de vrais lacs profonds et poissonneux. On rencontre parfois aussi — ce qui étonne dans cette contrée accidentée — de grands et beaux plateaux d'une terre riche et.fertile, de toute première qualité, noire comme du terreau et qu’il suffit de labourer à quelques pouces pour l'ensemencer. À l'ouest enfin le boisement disparaît et les buttes sont couvertes d'un foin épais, abondant et nutritif. Les fonds gardent l'eau toute l'année, les animaux ne peuvent jamais y souffrir de la soif. Les parties de la montagne couvertes de bouquets d'arbres sont préférées par les bêtes à cornes, les buttes nues par les chevaux, qui souffrent moins de la grande chaleur ou du froid. D'innombrables canards couvrent les petits lacs; dans toute la contrée on trouve des lièvres, des lapins, des cerfs, des chevreuils ainsi que des bêtes à fourrure. Les lacs les plus. grands de la réserve forestière sont très poissonneux; on y pêche. le brochet et le doré.

La Montagne de l'Orignal est non-seulement propice à l'élevage et à la culture, mais elle peut devenir un centre sportif ifffportant. C'est la seule villégiature que puissent atteindre facilement les “personnes qui habitent Winnipeg et Moose-Jaw. Les voies ferrées et les pistes dernièrement construites en permettent l'accès facile. Il y a des sites superbes près des lacs au Poisson, Rocheux, Stevenson et de l’Ours Blanc. Ce dernier, dans la réserye

— Sl —

sauvage du même nom, se déverse par Île crique Swift, dans le crique de l'Orignal. Sa longueur est d'environ 4 milles, sa largeur 2 milles et sa profondeur 90 pieds. On y pêche le brochet, la perche, le sucet; ses bords sont couverts de sable ct de gravier et boisés do trembles et de bouleaux.

La réserve forestière de la Montagne de l'Orignal, d'une superficie de 163 milles carrés, est de toute première importance pour la région. C'est une étendue de collines et de lacs formant un magnifique paysage. Les personnes: passant dans le pays, en chemin de fer, ne peuvent deviner l'existence d'une si belle étendue boisée; mais tous ceux qui l'ont visitée ne peuvent s'empêcher d'être frappés de son importance comme réserve forestière, au milieu d'un district de prairies, comme celui où elle est située.

Les rivages du lac du Poisson, la nappe d'eau la plus importante de celte réserve, servent de lieu de villégiature d'été aux gens du district.

Les bois de cette réserve consiste en peupliers, bouleaux et frênes. La plupart des arbres ont été coupés, une grande partie a souffert de l'incendie el il n'en reste que très peu de gros. Il y a cependant une forte pousse qui grandit sur toute la réserve ct produit du bois de chauffage aux habitants du district, plusieurs milles À la ronde. Pendant les dernières années, la protection contre le feu a été complète et aucune perte n'a été subie sur la réserve (1).

Contiguë à la réserve forestière, se trouve la réserve indienne de l'Ours Blanc. Sa configuration naturelle rend impossible une culture de quelque importance, en proportion de sa superficie. C'est une lisièré de terre très raboteuse, couverte: de collines et de roches. Une grande partie est très boisée, couverte d'épais arbrisseaux et parsemée partout: de petits lacs et marais (2).

Au sud de cette réserve indienne est situé Carlyie, sut le C. P. R., à 123 milles à l'est de Regina; les premiers habitants vinrent s'y fixer en 1900 et la petite colonie prospéra si bien qu'elle fut transformée en ville en 1908.

Entre la Montagne de l'Orignal et la frontière du Manitoba, le sol est composé, par endroits, de marne graveleuse, avec un sous-sol sableux et argileux, convenant parfaitement à la culture mixte. La surface a l'aspect d'une prairie onduleuse et découverte, excepté aux endroits défrichés et cultivés.

Dans l'ouest du district & se trouve une région où l'on pratique la culture intense du blé, principalement au nord et au sud de Weyburn. Cette ville qui avait 2210 habitants en 1911 ne renfermait qu'une centaine de personnes en 1902. Sa population actuelle est composée, en partie, de fermiers de la province d'Ontario qui ont contribué à son développement rapide. Le 1* septembre 1913 elle a été incorporée comme cité.

” Le lin est aussi cultivé dans la partie occidentale du district. Dans le sud et le sud-ouest le sol, composé généralement de marne noire,

(1) Rapport annuel du ministère de l'intérieur, 1908. (2) Rapport sur les affaires de smuvages, 1912.

cpaisse parfois de 10 pivds, avec sous-s0! d'argile, est connu sous le nom de # gumbo ». 1! convient à la culture du blé aussi bien qu'au fermage mixte, quoique celte partie du district appartienne à la zone du « dry farming »,

« Au sud d'Estevan, la vallée (de la rivière Souris) a-une grande largeur, et

cest en réalité une vallée double, d'environ un mille et demi de large ct d'une profondeur de 110 picds. Elle a moins d'un mille de largeur aux homi-

-“ lères et plus de 180 pieds en profondeur. Les batinures de la rivière sont bien

fournies d'herbe ef le cours d'eau es frangé d'arbres. Plusieurs lacs, en forme de croissant, indiquent l'abandon graduel de l'ancienne voie d'écoulement des eaux en recoupant des courbes » ({}.

C'est aux environs d'Éstevan que se trouve la région d'exploitation de la lignile. On découvre des couches lorsqu'elles affleurent sur les berges de la rivière Souris el on les localise au moyen de forages. Estevan (1981 habitants en 1914) est un centre plein d'avenir avec une nombreuse population de mineurs, plusieurs élévateurs ct de nombreuses industries naissantes. La ville est située sur la rivière Souris, à la jonction du C. P. R. et de la ligne du Saut, à 145 milles de Moose-law (2)

« L'étendue réelle de la superfcic sur laquellase développent les roches carbonifères de ce district, n'est pas exactement connue, surtout parce que l'épaissour des dépôts superficiels qui les recouvrent à l'est de la région maintenant en exploitation, ne permet qu'à un fort petit nombre. de ces roches ile se montrer à découvert. Les couches de houille àddécouvert, dans 1g.-district, sont nombreuses, mais on peut les grouper en trot périeur, le médian et l'inférieur.

« L'étage supérieur est formé, d'une manière générale, par une couche de quatre pieds assez continue, qui parcourt le district, sauf là où elle a été érodée par les cours d'eau, ou bien, comme au crique Short, lorsqu'elle s'amincit ou se confond avec les couches de l'étage médian, pour ne former avec celle-ci qu'une couche unique de 7 picds... L'étage supérieur a été prospecté,dans Îe voisinage d'Estevan, à différents endroits, ct quoique la houiile soit une lignite de qualité inférieure, elle est utilisée pour la consommation locale. ‘

«.… Le long du flanc nord de la vallée de la rivière Souris, l'étage médian se trouve exposé à découvert, à plusieurs endroits, mais il montre une ‘endance prononcée à s'amincir de-ci de-là, ct, à l'est des mines, il est à peine visible .La butte isolée à l'ouest d'Estevan, dans laquelle on a mené une galerie, appartient probablement à cet élage. La houille s'y développe en trois couches, dont la plus inféricure seule est exploitée. Une couche de quatre pieds, située à un niveau un peu inférieur, sur le front de la colline, au sud de la ville, fait probablement aussi partie de la même série. Plus haut que

() Rapport sur les terrains houüliers de la rivière Souris. (Exploration faite en 19092), Ministère des Mines, 1913. °

(2Y En 1911, la Estevan Coal & Brick C° employait 155 hommes; l'extraction journa-

lière était de 83 tonnes de lignite. La Shand Coal mine C° commençait ses exploitations, ”

la mine Soo, une couche de trois pieds de houille et d'argilo schisteuse, à

.une profondeur de 1790 pieds, appartient vraisemblablement à l'étage mé-

dian.

. À la courbe ue dessine vers le sud lu rivière Souris, dans son cours supérieur, l'étage médian acquiert une importance de premier ordre, et on l'observe, occupant la partic'supérieure du talus, près de la grande vallée, sur une épaisseur de 6 pieds.

. L'étage inférieur est le plus important du district, car les couches inféricures en sont de meilleure qualité, en général, qu'aucune de celles des étages supérieurs. Plusieurs petits lits, dont l'épaisseur peut quelquefois permettre une exploitation profitable, se montrent à l'extrémité occidentale du district, mais à l'est de l'embouchure du crique Short, ils se réunissent en une coucho de 8 picds, qui cst exploitée sur une échelle beaucoup plus grande que près d'Estevan.

. Dans la mine Taylor, la couche est de 5 pieds et un petit lif lui est

‘sousiacent. A la Hassard, l’intercalation s’aminecit graduellement vers l'est et, en travers du ravin do la mine New-Souris, la couche de lixnite atteint

une épaisseur de 8 pieds. Au cours des travaux d'excavation, cette épaisseur S s'accroit parfois, sur une courte distance, jusqu’à un maximum de 12 pieds. Dans la mine de Roche-Percée, la couche a 8 picds environ, et dans le Coup

de Sonde, sur la sübdivision 3%, celle avait 7 pieds 6 pouces 4). a B. — Districts du centre : : Saskatoon, Humboildt, Mackenzie CHAPITRE XII J Saskatoon

Superficia : 4.230.970 acres.

Limites : Au sud, le 29 township, la Saskatchewan du sud et la Qu'Appelle (Moose-Jaw); à l'est, le 3° méridien (Regina et Humboldt); au nord, le 44° township (Prince-Albert);, à l'ouest, 11e rang à l'ouest du 3 méridien (Battlefcrd).

Population. : 51.145 habitants en 1911 {7,74 par mille carré) : densité dépassée seulement, dans la province, par Ie district de Regina; on 1901, 7.157 habitañts. La population urbaine (18.772 habitants) représente plus de la moitié de la population rurale (32.368 habitants).

Cité : Saskatoon; villes : Hanley, Langham, Outlook, Rosthern, Vonda; villages : Aberdeen, Asquith, Allan, Bladivorth, Borden, Broderick, Clavet, Delisle, Dundurn, Elbow, Elstow,t Glenside, Hague, Hawarden, Kenaston, Kinly, Laird, Laura, Loreburn, Osler, Sutherland, Warman

Le district de Saskatoon est un des plus riches de tout le Canada, s’il cest un des plus petits, en étendue, de la Saskatchewan, il est relativement le plus peuplé après le district de Regina.

Il est arrosé par les deux Saskatchewan, la branche sud, au cours sinueux, le traversant du sud au nord, et la branche nord faisant une boucle dans sa partie nord-ouest.

(1) Rapport sur les terrains houilliers de la rivière Souris. (Exploration faite ( en 1902), Ministère des Mines, 1913.

La partie orientale du district se compose de prairies, tantôt onduleuses, tantôt montucuses, coupécs do petits lacs, d'étangs ct de marais à foin. Le sol est une marne argileuse ct quelquefois sablonneuse. L'eau y est ordinairement alcaline, mais uno eau potable excellente peut ètre obtenue en creusant de 20 à 30 pieds dans Ie sol.

Lo blé, l’avoine ct l'orge donnenf. d'excellents rendements. Le foin n'est pas très abondant, mais il est facile de s’en procurer dans les marais et même dans certains terrains élevés. D'une manière générale, le pays convient admirablement à la culture des grains, mais il est également propre à la culture mixte ainsi qu'à l'élevage des bestiaux, des porcs et des chevaux.

Dans la partie nord-est du district, la prairie s'étend, avec quelques bouquets de saules ct de peuplicrs autour des fondrières;-dans les partics creuses. Le sol est une riche marne plutôt sablonneuse qu'argileuse. Dans la région de Vonda et d'Aberdeen la colonisation, -pratiquée surtout par des Français et des Galiciens, avance rapidement; on y cultivé principalement le blé. Tous Îles environs sc peuplent très vite.

Dans lo sud-est du district, le torrain ne diffère guère de celui décrit plus haut. ‘ ‘

Le sud convient aussi très bien pour la culture, mais il y a moins de ruisseaux, de lacs et de fondrières qu'ailleurs; conséquemment la force hydraulique manque partout. La prairie dénudée s'étend à perte de vue sur le sol argileux, les arbres sont extrêmement rares et le combustible fait défaut. Malgré ces inconvénients, de l'avis général, la région entière convient parfaitement à la colonisation.

Dans le sud-ouest, le sol est un peu plus sablonneux et peut-être de moins bonne qualité. L'eau du lac de l'Oie est potable pendant quelques mois au printemps, mais plus tard elle devient trop alcaline pour être bonne et émet des odeurs délétères que l'on reconnaît à plusieurs milles à la ronde.

Le sol de la partie occidentale du district est généralement composé de marne sablonneuse ou d'argile sahlonneuse, recouvrant du sable sur une épaisseur considérable. Dans la profonde vallée du crique de l'Aigle on trouve, le plus souvent, du bois rabougri, mais très peu de gros arbres convenant au chauffage ou à la constructién. Toute cette contrée est généralement onduleuse; c'est la prairie avec de grands espaces couverts de broussailles et de trembles disposés en petits bosquets.

Dans le nord enfin, le sol est généralement une marne sablonneuse ou, en certains endroits, une riche terre noire mélangée de sable avec sous-sol d’argile. Là aussi la terre se prête admirablement à la culture du blé. C'est dans cette récion qu'est située Rosethern, sur le C. N. R., à 60 milles au sud ie Prince-Albert, fondée en 1903 par un groupe de Mennonites. La population actuelle y esi composée pour moitié d'Allemands et:moitié d'Anglais. On a

établi à Rosethern, en 1908, une ferme expérimentale d'une contenance de 152 acres.

On trouve dans tout le nord du district de nombreux lacs et fondrières aux eaux lérèrement alcalines; le plus important est le lac Redherry: qui à l'avantage d'avoir des eaux douces.

Au cœur de cotte fertile région à blé, au centre du district ct presque au milieu de l'ouest se trouve la cité de Saskatoon pittoresquement bâtie sur les rives boisées de la Saskatchewan du sud file, st située au point de rencontre des trois grands réseaux G. P. R., G.N.R., et G.'T. P., à 535 milles à l'ouest de Winnipeg et à 160 milles au Gord a Regina. ’

Quoiqu'elle soit une des plus ieunes cités du Canada, les progrès de Saskatoon dépassent tout ce qu'on peut imaginer. Il y a dix ans, à l'endroit où elle s'élève aujourd'hui, quelques cabanes abritaient une centaine de colons (exactement 113 en 1903); au récensement de 1911 on comptait 12.009 habitants. Etant éloignée d'un autre point important, sa situation centrale lui donne le contrôle absolu pour l’approvisionnement des marchandises, sur un territoire

d'environ 45.000 milles carrés, englobant 180 villes et villages prospères sur des chemins de fer en exploitation.

En 1911 les progrès de la cité sont indiqués par les chiffres ci-dessous : (1)

Page 1