‹ La Saskatchewan: essai de monographie provinciale canadienneChapitre 56 sur 59 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Sports, Chasse et Pêche

Cette étude sur la Saskatchewan ne serait pas complète si nous n'y avions ajoûté ce chapitre. La passion des sports est, en effet, une caractéristique de la race anglo-saxonne et les occasions que l’on à de la satisfaire en Saskatchewan sont sans rivales. Les soirées d'été, longues et rafraîchissantes, offrent encore de trois’à quatre heures de clarté .après la fin du travail; & tous les amateurs de sport en profitent avée empressement.

Le basehall, le jeu de la crosse, le foat-ball, le cricket ont leurs favoris.

Des groupes de villés voisines forment des ligues et chacun prend un grand intérêt dans les luttes interprovinciales. Cependant les différents jeux n'ont pas encore leurs professionnels; seule la situation d'amateur se maintient dans les sociétés sportives.

Ce n’est pas seulement en été que les jeux sont populaires, l'air fortifiant de l'hiver développe aussi les énergies. Le hockey et le curling (jeu de boules sur la glace) sont les jeux les plus en vogue de la saison, et, même dans les plus petits villages la « skating rink » est le rendez-vous le plus, fréquenté.

q) Cinquième rérensement du Canada, 1911, bulletin XV.

La chasse aux loups est un sport qui ne manque pas de piquant. En plus des incidents variés qui accompagnent une course effrénée, l'animal, toujours poursuivi par le chasseur”:sur sa monture, offre, avant de tomber, une résistance désespérée. ‘ .

Les amateurs d'exercices au grand. air seraient difficiles à satisfaire s'ils ne trouvaient pas, en Saskatchewan, les distractions les plus variées. Dans toute la partie cultivée de la’ province, les poules de prairie sont en abondance

et leur nombre s'est considérablement accru, ces dernières années, depuis

que la saison de chasse a été diminuée d'un mois. Le gibier d'eau se reproduit en grand nombre autour des lacs et les oiseaux

qui y installent leurs nids augmentent chaque année depuis l'interdiction de a chasse de printemps: Les canards et les oïes sont innombrables et four-

issent au sportsman le plus abondant butin.

Dans le sud-ouest, il y a encore quelques antilopes, mais leurs jours sont

comptés. Ils sont maintenant entourés de tous les côtés par les établissements des colons, et leur extermination ne saurait tarder. Dans l'extrême-nord, il y à toujours de vastes étendues où le gros gibier se rencontre, par exemple l'orignal, le wapiti, le caribou ,le daim à queue blanche ou noire.

De superbes poissons peuplent les lacs et les rivières en assez grande quantité pour nourrir des millions d'habitants, principalement dans les régions au nord de la Saskatchewan. Mais le manque de chemins de fer n'a pas encore permis d'en tirer. profit. De grosses truites pesant jusqu'à soixante livres- ont été pêchées dans le lac Froid; le poisson blanc abonde partout. Dans les rivières, les goldeyes (yeux d'or) foisonnent et, quelquefois, on peut y prendre de très gros esturgeons. - s

Des lois ont été promulguées pour la protection du gibier (1), mais il est naturel que dans un pays, aussi vaste et aussi peu peuplé, des infractions à ces lois puissent se produire, involontairement ou intentionnellement. Pour leur applicatipn, 214 personnes remplissent gratuitement le rôle de gardiens et leur tâche, comme celle de la police, est plus de renseigner, d'instruire ef d'avertir, que de poursuivre. Des peines sont cependant appliquées à ceux qui violent la loi intentionnellement et 121 condamnations furent infligées en 1912 à des personnes ayant chassé le dimanche, ou en dehors de la saison, ou sans permis, où pour avoir tiré sur ges castors; les amendes se montèrent à près de $ 730. ‘

(1) La saison de chasse pour l’antilope va du 1° octobre au 14 novembre et daim, l'orignal, le caribou et l’élan, du 15 novembre au 1® décembre. Fe et pour le

La chasse du gibier à plumes ouvre le 15 septembre et se termine le 15 les poules et le 81 décembre pour les canards. novembre pour

…— Lés résidents doivent payer un droit de $ 1 pour la chasse du gibier à plumes et.de *$ 2 pour le gros gibier. ;

Les droits à acquitter pour les non résidents s'élèvent à $ 50 le gros gibi Its à à { pour le gros gibier, $ 25 pour le gibier à plumes pendant toute la saison où $°10 pendant six on ec eméc LEE. En 1912, 11.000 permis ont été distribués.

EN

CONCLUSION Par tout ce que nous avons montré, on ne peut douter du caractère essentieilement agricole de la Saskatchewan. Ce qui a d'abord attiré les colons, ce n'est pas l’appât d'un gain vite réalisé à la recherche d'un minerai ou dans de puissantes industries, comme cela s'est passé en Colombie Britannique. Ici, la terre seule était faite pour tenter l'immigrant. ‘Une concession gratuite

de 64 hectares suffisait à attirer l'homme courageux qui végétait dans la vicille Europe. De‘ nombreuses familles sont donc venues, des centres ruraux se

. sont d'abord formés, puis des villes et des cités ont grandi. En dix ans, de * 14901 à 1911, la population rurale s'est augmentée de 287.338 habitants, tan-

dis que les ‘centres urbains s'accroissaient seulement de 113.815 unités. 11 n'existe pas d'autre province canadienne ayant reçu un tel afflux de colons agricoles; l'Alberta qui vient après la Saskatchewan, sous ce rapport, ne donne que 180.327 habitants.

Aussi les prairies, où jadis les Indiens suiväient le sentier de la guerre

-et où paissaient d'innombrables troupeaux de bisons; ont-elles été rapidement %s. cassées » par les nouveaux arrivants. Le blé dresse maintenant ses épis

«@ôrés. par le soleil et la Saskatchewan, à «lle seule, a fourni à peu près la moitié, .de‘la production totale du Canada, toutes ces dernières années.

Des flots d'or viennent récompenser le labeur de ces hardis pionniers. Le commerce se développe en proportion de l'augmentation de la richesse. L'homme de l'Ouest gagne vite, mais dépense aussi sans compter; il a l'habitude du confort américain, son esprit d'entreprise l’entraîne à risquer beaucoup et ses conceptions financières ne sont jamais mesquines.

Malgré le caractère agricole du pays, l'industrie commence à se développer; il n'y a jusqu'à présent que des manufactures d'importance, comparées à celles des autres.parties de la Puissance, mais la concentration des capitaux se fera ici comme ailleurs et l'exploitation des forêts et du sous-sol ne pourra que s'accroître rapidement.

Cependant tout laisse supposer que l'exploitation des richesses enfouies dans la terre ne donnera jamais un rendement comparahle aux produits du sol. La Saskatchewan paraît bien appelée à rester, avant tout, la terre du blé, le centre du grenier de l'Empire.

Au surplus, les chiffres que nous avons donnés dans cette étude ne représentent. qu'un court moment, qu'une minute fugitive dans l'histoire de 11 province. Demain tout sera modifié, la population se sera considérablement

. accrue, la production aura marché à pas de géant et notre esquisse paraîtra

déjà inexacte: ë démodéé.

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