‹ La Saskatchewan: [extrait d'une conférence]Chapitre 12 sur 22 · RESUME- È · texte numérisé non relu

RESUME- È

Nous avons vu d’un coup d'oeil rapide la situa-

| tion. géographique, l’étonnante production, le sys- L.

tème des coopératives, la culture des céréales, des légumes et des racines, / Vélevage et l’industrie. . g laïtière, les’ ressources - naturelles de la Saskaf= chewan et ses voies de éommunication par che- : :. mins de fer; nous-avons noté son climaf sain et |

fortifiant, le chiffre de sa population, la: place >.

qu'y occupe l'élément de langue française, l'en : . seignement -religieux,. Îe système d'écoles, la 2 2

- \8ituation qui y est faite aux--nôtres aù ‘*

. point de vue religieux et frañçais, l'organisa= tiof del église catholique avec ses deux évêques, ‘ F enseignement primaire et secondaire, le catéchisme à l’école, là double inspection par un prêtre, : l'organisation civile des Canadiens, leur rôle dansla: société, Je voulais aussi vous dire” que aoû

‘vingtaine d'avocats, tous Canadiens-français

. avoir vu défiler devant vous, comme sur un écran, tous les avantages et les bons côtés de la Saskat- : chewan, vous allez me dire: “Il n’y a donc pas. d‘ombre à ce tableau-là! Alors, pourquoi entendons-nous dire que ça va mal dans l'Ouest? De quoi vous plaignez-vous? Même, nous nous sommes laissé dire qu’il s’est formé un nouveau parti politique, qui iÿ recrute ses adeptes parmi les cultivateürs, et que ce parti, né du mécontentement de ces derniers, a voulu prendre en mains sa propre F cause et aujourd'hui, à à Ottawa, aucune mésüre

.: me peut être: passée sans lui” La:-fäison

7 de tout cela, c'est que! nous passons -par |

une crise agriçole sans pareille peut-être dans

. histoire et qui sévit non seulement au Canada,

. -” mais dans le monde entier. Nous avons des surplus de blé et nous sommes relativement pauvres.

Le marché des Etats-Unis nous est fermé par le . “bill Fordneyÿ et l’Europe est trop pauvre pour en ..

‘ ‘ acheter. Nous sommes dans l'impossibilité de le vendre à un prix convenable et il faut se résigner à le vendre au-dessous du prix que Le coûte pour : le produire.

Nous sommes un peu dans le cas de cet hom

me qui, assis sur un tas d’or dans une ile déserte D ——— u

n'aurait. sien à. manger. ‘

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Nous avons à manger. assurément. mais. nous.

ne pouvons Pas rencontrer. r toutes : nos. obligations"

: Te — 17 : Fo . E malgré le fait que nous avons en abondance dti blé et beaucoup. de bétail.

Cette crise qui affecte l'économie du monde : entier affecte non seulement la classe agricole, ‘: mais toutes les classes sans aucuns bénéfices pour :elles. Ainsi nous vendons le blé 60 ou 80 sous le boisseau et ‘cépendant vous Payez le pain très cher! © ” .

Foi Yéndons les animaux 374 sous la livre-

n et vous payez la viande. très cher! 7. ue

Nous vendons la laine 512 sousla fivre et vous L payez les” habits en laine très cher!

Nous vendons une peau de vache 50 sous” æ.

vous payez les chaussures très cher! cie.

® Nous vendons le beurre de beurrerie 25 squs la livre Ê vous le payez relativement très chef!

‘Ilen est de même des œufs, des légumes « et de . ‘tous les produits de la ferme. ci

‘L ouvrier. du habitant des villes cependañt ne: ‘bénéficie pas de ce que ces mêmes produits se ven- . dent à à uñ prix moindre que le prix normal.

. - Vous payez très cher pour vous loger, parce’ ce : que:le bois, le fer, le ciment, la. matière. première “ Leu mot, ccoûte- très. cher; cependant, : les:

— Lien

Rires n’ont guère augmenté que de 50%, excepté peut-être les salaires payés par les cultiva- ‘teurs de l'Ouest à une. main d'œuvre d’occasion . qu'il. fait venir de l'Est, tous les ans, et qu’il ‘ paye en raison de la, distance que l'ouvrier agriéole doit parcourir.

- Comment voulez-vous que. le cultivateur de l'Ouest ne se plaigne pas?

“Je. dois dire de suite cependant que | le. cultivateur canadien-français résiste mieux que a plu-

“part des cultivateurs d’autres nationalités, parce

qu'il a généralement un grand. nombre d'enfants et qu’il n’a pas ou peu de main-d'œuvre étrangère à payer. Le cultivateur a lieu de se Blindre et ‘il ne résistera qu’en autant que l'équilibre se rétablira entre le coût de la production et 14 vente des denrées. L'équilibre est rompu présentement mais il se rétablira. La crise passera, car le cultivateur est nécessaire .à la vie économique de l'humanité. Il faut que tout s “ajuste tôt ou tard... La crise — comme toutes les crises — est passa- . gère; mäis, c’est pendant qu’elle dure qu’il faut acheter des térres ets établir. Vous ne ferez pas, autant d’argent, peut-être, mais: vous vous- établirez à meilleur compte. J'imagine qu’un homme. peut s'installer sur la terre aujourd’hui 50% meil-

leur. marché qu'en temps ordinaires. c'est-à-dire —

Le RUN

+ qu’en temps normal. Quand bien même vous ne feriez pas d’argent pendant ces ‘années de dépres= : sion—et d’ailleurs quel est celui qui fait de l'argent en ces temps-ci ?—la crise passée, vous retrouverez. l'abondance des bonnes années, vous vous serez établis à bon compte, Yous serez prêts à marcher,” prêts à produire. Même, actuellement, un cultivateur fait pousser “chez nous, dans tout le district, en une seule année, le prix de sa terre.

Aïnsi, je puis vous en désigner une qui coûte

$20.00 l’âcre. Eh bien! l’an dernier, elle a rapporté, 27 boisseaux de blé par âcre. Vendu à raison de 80 sous le boisseau, (ce qui èst trop .peu), ce blé a donné $21.60 l’âcre. - :

Notez que les conditions de paiement sur ces terres sont extrêmement faciles et que le montant à payeï comptant est minime.

Ce qui coûte cher, c’est a main d'œuvre agri- ‘ cole. Comme je le disais tout à l'heure, les Canadiens-français résistent mieux, parce qu'ils ont de nombreux enfants et .peu de main d'œuvre

“extérieure à payer. Lo :

D'ailleurs, remarquez , bien que dans V'Ouest :

. onse plaint surtout de ne pas faire assez d'ar-, = . gent et non pas de ne pouvoir y- vivre. De “Chaque année, à l'époque des moissons, "vers ke.

. :8 août, ‘des. excursions” -de ‘moissonnetirs :s'orga-

Le -#S

- nisent pour les trois provinces de l'Otfést. Ca °” .coûte $15. 00 pour aller de Montréal. à Winnipeg . et un'demi-sou par mille pour aller à l'ouest de. .Winnipeg. Ün homme peut se faire un deux cents.

.Gollars dans son automne, s’il est ménager. Tout : ‘en gagnant de l'argent, il aura eu l'occasion d’é é-

hs tudier le pays. . |:

Avec du travail, un peu de plomb dans la tête, une bonne conduite, de la prudence et de la persé- À vérance tout homme réussit.

Je le répète, c’est pendant la crise, alors que les terres ne sont pas chères qu'il faut s'établir, que nous devons réfléchir sérieusement et nous démander, si après tout, l’agriculture n'est pas le plus sûr refuge dans les tempêtes de la vie économique et même la vie la plus digne d'être vécue au point de vue du bonheur.

En face de cette, fe gêne. dont souffrent toutes les classes de la société, en fe de cette incertitude qui guette le sans-travail.le chômage forcé—la grêve, en face des malaises qui, à intervalles | périodiques, ébranlent tout le corps social, on se : demande si, après tout, le bonheur ou la plus grande somme de bonheur n’est pas dans la vie : saine et réconfortante de l'agriculteur ; si la meilleure des philosophies n’est pas dans la j jouissance : paisible, si médiocre. soit-elle, de: la. vie : des champs:

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