‹ La Scaphoïde TarsienneChapitre 4 sur 30 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L’affection que nous nous sommes proposé d'étudier a été décrite pour la première fois au Congrès allemand de radiographie de 1908 par A/ban Aühler (de Wiesbaden) sous le titre vague d’ « une affection fréquente de certains os de l’enfant paraissant inconnue jusqu’à ce jour ». Kôbhler décrivait une altération assez singulière du scaphoïde avec accessoirement une atrophie de la rotule qu’il reconnut plus tard indépendante de l'altération tarsienne.

Les images radiographiques étaient si particulières que ce radiologiste affirmait « sa conviction qu’il s’agissait d’une maladie ne ressemblant de loin à aucune maladie connue ».

Les sujets étaient des enfants jeunes, garçons ou filles, bien portants jusqu'alors, dépourvus d’antécédents héréditaires spéciaux qui, sans cause apparente ou à la suite d’un vague traumatisme, se plaignaient de douleurs dans le pied, boitaient un peu et présentaient une douleur à la pression du scaphoïde.

Les radiographies montraient un scaphoïde modifié, à l'exclusion de tous les autres os du pied, dans sa

forme, dans son volume, dans son architecture dont l’image ne ressemblait à aucun des aspects radiographiques jusque là connus de cet os. Au bout de quelque temps, de nouvelles radiographies montraient que l'os reprenait peu à peu une apparence et une structure normales.

La communication de Kôhler donna lieu à une discussion immédiate; elle fut suivie d’un certain noïmbre de publications de cas analogues, surtout dans la littérature médicale allemande. Il ny eut que très peu d'observations publiées en Angleterre, en Amérique et en France.

Dès 1911, à la Société de Radiologie de Paris, Lomon signale une atrophie du scaphoïde chez un enfant de 6 ans et demi atteint de pied plat ; il ne paraît pas avoir saisi toute la portée de sa constatation radiographique et avoir connu le travail de Kohler.

En 1913, l'roelich (1), dans un article sur les osselets surnuméraires dutarse paru dans la Revue d’orthopédie, signale la confusion possible des phénomènes douloureux causéspar la présence d’un « os tibiale externum » de Pfitzner (ou scaphoïde accessoire) avec ceux qui sont causés par la maladie de Kohler qu’il appelle inflammation bénigne du scaphoïde. Il dit avoir rencontré trois fois cette dernière affection et il en rapporte immédiatement une observation chez un garçon de 13 ans. Mais les détails fournis par Frælich sur l'aspect radiographi-

(1) Nous ne citerons pas d'indications bibliographiques dans le cours de notre travail ; nous prions le lecteur de se reporter à l'index biblio: graphique qui est établi par ordre alphabétique.

Page 1