AVANT-PROPOS
La scarlatine survenant au cours dela puerpéralité a, depuis longtemps; attiré l’attention des médecins et fut dans la seconde moitié du xixe siècle l’objet de discussions multiples. Depuis 1900, la question semblait avoir perdu de son intérêt et, jusqu'à ces derniers temps, on ne relève que de rares travaux ou thèses sur ce sujet. Mais, depuis quelques années plusieurs auteurs ont eu l’occasion d’étudier à nouveau cette maladie à la lumière des procédés modernes d’investigations, en particulier par la recherche du phénomène d’extinction de Schultz et Charlton et de la réaction de Dick. Ces travaux ont permis d'approfondir et même de résoudre les problèmes diagnostiques et pathogéniques que soulevaient cette maladie et qui justement, avaient fait l’objet des discussions anciennes.
C'est pourquoi il nous a paru intéressant de résumer dans une étude d'ensemble les connaissances que nous possédons sur ce sujet. A l’occasion d’une petite épidémie de scarlatine puerpérale qu'il nous a été donné d'observer au début de l’année 1929 dans le service de M' le Dr Devraigne à la Maternité de l'Hôpital Lariboisière l’idée nous est venue de consacrer notre thèse à l'exposé de cette question.
Nous désirons, tout d’abord, avant de poursuivre ce travail exprimer ici notre reconnaissance envers M. le D' Devraigne dont l’obligeance nous a grandement facilité notre tâche, M. Baïze, Interne de l'Hôpital Lariboisière, dont l’amitié agissante nous a été précieuse en cette circonstance, et enfin M. Mayer interne de la Maternité, qui a bien voulu nous mettre à même d'exécuter notre travail.
Nous avons, d’ailleurs, fait de large emprunts à la communication de MM. Devraigne, Baïize et Mayer à la Société d’Obstétrique et de Gynécologie de Paris, en date du 13 mai 1929 et dans la revue générale parue dans la Presse Médicale du 3 août 1929 sous la signature de MM. Baïze et Mayer, travaux écrits précisément à l’occasion de la petite épidémie de scarlatine puerpérale dont nous avons parlé.
Notre travail consistera donc à relater les six cas de scarlatine puerpérales apparues à Lariboisière, à exposer les symptômes de la scarlatine puerpérale, en négligeant, de parti pris, les points qui la rapprochent de la scarlatine ordinaire, pour nous appesantir davantage sur les particularités qui en font une maladie bien spéciale, tant par son étiologie que par ses symptômes et son évolution, à insister enfin sur le problème diagnostique qu'elle pose, en montrant tout l'intérêt de la recherche du phénomène d’extinction de Schultz et Charlion et les arguments que l’on peut en tirer pour la discussion pathogénique qui passionnait les anciens auteurs. De plus, nous nous sommes préoccupés de
savoir ce que devenait le nouveau-né au cours de la