Anatomiquement, ce percevant est le mésocéphale
3i6 DE QUELQUES POINTS
l'extérieur et à l'organisme, mais les conditions que ta phénoniénalité y fait voir. Or l'esprit, dans son développement, se présente à nous sous deux formes : Tune, celle de l'enfant depuis l'état embryonnaire jusqu'au moment où il est pleinement développé; l'autre, celle de la hiérarchie animale depuis Tétat le plus rudimentaire des facultés psychiques jusqu'aux organisaies où ces facultés atteignent le plus haut degré. Ces deux séries doivent concourir non-seulement entre elles, mais encore avec l'analyse psychique faite indépendamment de toute référence objective. Que ces deux séries concourent entre elles, cela est manifeste. Tant que le cerveau chez l'enfant est imparfaitement organisé, ni la conscience, ni la pensée ne lui appartiennent» et pourtant les impressions y sont perçues, comme le témoignent les mouvements qui commencent dans la .Tiatrice ; plus tard la personnalité, la conscience, la pensée apparaissent visiblement, mais tellement précaires que personne ne peut conduire sa conscience, sa personnalité jusqu'à ces premières années. Si l'enfant restait à ce point de développement, la conscience, la personnalité se renouvelleraient de jour à jour, de moment k moment, et ne se tisseraient pas en un fil continu; c'est, du reste, ce que l'on voit arriver chez certains vieillards en qui le cerveau usé ne laisse qu'une conscience, qu'une personnalité fragmentaire. Dn spectacle analogue est offert par la série animale; à mesure que l'on quitte l'homme et qu'on descend les échelons zooiogiques, on voit se rétrécir le champ de la conscience, de la personnalité, de la pensée ; et l'on finit par atteindre ces êtres où les centres nerveux disparaissent, et où il ne reste plus qu'une sensibilité générale incapable de se réfléchir en conscience et en personnalité. Maintenant, plaçant cette double série
à côté de l'analyse psychique qui a montré les impressions du dedans créant la notion du sujet, les impres* sions du dehors créant la notion de l'objet, et vous avez, sur Tétroit théâtre de cette analyse, la représentation de ce qui se passe dans le développement de l'embryon à Tadulte, de Tannélide à l'homme.
A ce point, il est loisible de transformer d'une façon positive la célèbre formule psychologique de Des- Cârtes : Je pense^ donc je suis; et Ton peut dire : Je sens, donc je pense, c'est-à-dire, j'ai la notion du moi et du non-moi. La formule métaphysique suppose une âme pensante qui préexiste et qui donne l'être au sujet humain. La formule psychique suppose comme fait primordial et irréductible la sensation, l'impression, d'où résulte, selon les conditions de chaque organisme, l'ensemble psychique,
M. Bain {the Sensés and the Intellect, p. i), par opposition au monde extérieur ou objet qui est étendu, définit l'esprit : Ce qui n'est pas étendu; définition négative à laquelle il ajoute, comme complément positif, la division en parties, qui sont le sentiment, la Tolition et la pensée. Je n'ai rien à dire sur cette partie tion ; je me réserve de parler sur l'inextension de l'esprit dans le paragraphe 4 que j'intitule Expérience; mais je ne puis me contenter de la définition négative, et je pense qu'il est possible de donner une définition positive. Elle ressort, selon moi, de ce fait que tout est pareil, ou du moins parallèle entre la notion de l'objet et celle du sujet ; de sorte que l'esprit est la faculté de recevoir une impression et de l'élaborer. Car remarquez, il ne suffît pas que la définition s'applique à l'esprit humain, il faut encore qu'eHe embrasse tous les êtres qui sont doués de facultés psychiques. En voyant l'âme animale et, au-dessus d'elle, l'âme
humaine, se former par un procédé purement psychique, on ne s'étonnera pas de la voir, dans la suite de la durée, soumise à l'influence d'une foule d'agents psychiques, qui sont pour elle ce que sont les agents physiques et chimiques pour le corps.
Aiiisif le fait fondamental de toute conscience, celui qui n'en suppose aucun autre, celui qui est irréductible, est l'impression et son élaboration. Puis, au bout d'un certain développement, cet embryon psychique se segmente en deux portions corrélatives, la notion du monde extérieur et celle du monde intérieur. A ce point, l'individu psychique a reçu les éléments essentiels de sa constitution.
Bien que la volition ne rentre pas dans mon sujet» cependant jene veux pas la laisser passer sans noter comment, elle aussi, se comporte dans la conscience. De même que la notion du monde extérieur se produit par un ordre déterminé d'impressions spéciales, et qu'un ordre également déterminé d'impressions spéciales produit la notion du monde intérieur, c'est encore à un genre particulier d'impression qu'il faut rattacher la volition. Celle-ci est dépendante, quant à son origine, de l'impression que la conscience reçoit de sa relation avec le système musculaire. Vouloir commence par la sollicitation à mouvoir les muscles.
La relativité nous est imposée par toutes les conditions de notre nature. Voilà un cerveau auquel aboutissent directement ou indirectement des nerfs, les uns allant à la périphérie, les autres à l'intérieur, les autres au système musculaire. Eh bien, il suffît de cette simple disposition pour que, d'un côté, nous recevions la notion du monde extérieur, d'un autre côté, la notion du monde intérieur, et d'un troisième côté, la volition. L'homogénéité est complète, la conscience élabore ce
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qui lui est transmis; mais, pas plus pour l'objet que pour le sujet, ou pour le vouloir, elle ne possède une spontanéité antérieure qui fournisse des éléments indépendants.