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PREFACE
Qu’est, selon moi, le point de vue philosophique, en parlant de la science? et comment est-ce que je considère la science, quand j’entends la saisir dans le nœud même de sou évolution? Cette explication trèscourte est la seule préface que je veuille mettre audevant des morceaux détachés qui suivent et qui, de la sorte, prendront cohésion et enchaînement.
On remarquera que ces morceaux sont rangés de cette façon : d’ahord ceux qui se rapportent à l’astronomie et à la planète la terre ; puis ceux qui se rapportent à la phj'sique ; après la physique , arrive la chimie ; après la chimie, c’est le tour de la biologie ou théorie des êtres vivants , avec des morceaux sur la psychologie, comme dépendance de la physiologie; le dernier rang est occupé par l’histoire et par la doctrine des sociétés, ou sociologie, d’après le néologisme dû à M. Comte , néologisme si utile qu’il est maintenant adopté par tout le monde.
PRÉFACE
Cet arrangement n’est ni fortuit, ni arbitraire; il est réglé par un principe général de subordination. Une science est subordonnée à une autre, quand elle n’a pu prendre naissance et se constituer sans les notions et les secours que cette autre lui fournit; il n’y a pas de subordination plus effective. Ainsi, l’astronomie et la physique ne peuvent naître et se constituer sans la mathématique, qui ne figure pas dans ce recueil, mais qu’il faut y supposer en tête de tout; la chimie, sans la physique; la biologie, sans la chimie; enfin la sociologie, sans la biologie. Je dis enfin^ car la sociologie couronne tout le savoir ; il n’est pas une propriété générale, une force générale, une doctrine générale qui soit en dehors de cet ensemble coordonné et qui n’y ait sa place.
Ceux qui connaissent la philosophie positive n’ont pas besoin que je leur développe les points fondamentaux de cette coordination. A ceux qui ne la connaissent pas, je recommande de rechercher historiquement les motifs d’un tel arrangement; ce sera certainement, à quelque conclusion qu’ils arrivent, une étude fructueuse '.
Ceci posé, on reconnaît qu’il est une différence entre la philosophie d’une science et la philosophie de la science. La première embrasse surtout la méthode particulière à chacune ; la seconde comprend la subordination des sciences entre elles, la loi de leur