SCÈNE XII
FRANKLIN
Et mes amis de l'Académie des tabliers de cuir?
ROSALIE
A l'église.
FRANKLIN
Et M. Read ?
ROSALIE A l'église.
FRANKLIN, avec émotion, plus bas.
Et miss Déborah ?
(Rosalie baisse la t£te.)
DICS.
A l'élé... lé... gligli... glise,
FRANKLIN
Tout le monde est donc à l'église, aujourd'hui? Cependant, ce n'est pas dimanche. N'importe, je vais aussi me rendre à l'église. J'y trouverai tous les amis.
ROSALIE, le retenant-
Oh! monsieur Franklin, n'y allez pas: restez ici... Dites-nous si vous avez fait un bon voyage ?
FRANKLIN
Excellent.
(n veut reisonter)
ROSALIE, le forçant à descendre.
Rapportez -vous d'Angleterre quelque chose d'intéressant ?
FRANKLIN
Oui, je rapporte de quoi devenir le premier impri-
meur de Philadelphie : je rapporte de nouvelles
presses et de superbes caractères. M. Read n'aura
plus de prétexte pour diflférer mon mariage avec sa
fille.
(Il veut remonter.
ROSALIE, le forçant à rester.
Alors, vous aimez toujours miss Déborah ?
FRANKLIN
Si je l'aime? Mais je ne suis parti que pour me rendre digne d'elle; je ne re^*i«ns que pour unir mon sort au sien. Ah ! ne me retenez pas plus longtemps ! Laissez-moi aller rejoindre ma chère fiancée. (Apercevant la table dressée.) Je n'avais pas vu, en entrant, cette belle table. C'est pour un dîner de noces ? (Dick et Rosalie font un signe d'assentiment.) Et qui se marie aujourd'hui, dans le quartier ? (ils baissent la tête, sans répondre.) Vous ne répondez pas ? (Elevant la voix.) Pour qui ce dîner de noces ? Parlez, je vous l'ordonne !
ROSALIE
Pour...
FRANKLIN Pour ?...
ROSALIE
Pour miss Déborah !
FRANKLIN, vivement.
Mis Déborah Schmidt, la fille de Jonhson, le libraire ?
ROSALIE
Non, miss Déborah, la fille de M. Read.