‹ La science au tháâtre; comédiesChapitre 204 sur 259 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

THEOGESE

Le Turco ?

BRANCOL.VR

Précisément. . . • Prenez, prenez mon sang, «lit le • Turco ; il m'en restera toujours assez !.., » Ce qui fut dit fut fait. On saigna le Turco, et de son bras, sou sang passa dans le mien.

THÉOGÈNB, il »e léw

La transfusion du sang ! Il n'y a rien de tel pour régénéi'er un homme !

BRA.NCOLA.R

Se régénérer... tu Tas dit. Une pinte du sang du Turco, et j'étais un autre homme ! Je sentais eu moi une ardeur, une jeunesse, une fougue inconnues ! Il leière.) Oui, mais voilà...

THÉOGÈNB Quoi donc ?

BRANCOLA.R J'avais conservé la moitié de mon ancien sang.

THÉOOÊNK

Aie! aïe! aie!...

BRA.NCOLAR Le vieux tempérament de Brancolar et le jeune tempérament du Turco se combattent en moi, et ces deux hommes en un seul me font une existence impossible.

THÉOGÈNE

Saperlotte! Je comprends! Le Turco a bon appé-

tit... tu te mets à table; mais alors, bernique ! Brancolar n'a pas faim.

BRANCOLAR

Eh oui, mou ami ! chaque jour, le Turco s'en va d'un air vainqueur, et Brancolar revient la tête basse, sans même avoir livré bataille... Tiens, cette nuit, le sang du Turco bouillonnait en moi; je me sentais plein de force, de gaieté, de jeunesse. C'était bal masqué aux Folies Bergères, j'y cours. Je rencontre une Andalouse adoraBle, et le Turco allait lui faire une déclaration brûlante, lorsque, tout à coup, crac ! le vieux sang vient glacer le nouveau, et je reviens plus Brancolar (pie jamais.

THÉOGÈNE C'est tout ? •

BRANGOLMl

Non, ce matin... ah! ce matin... tu ne devinerais jamais où mon nouveau tempérament m'a conduit... Aux courses de Longchamps!... Il parait que le Turco est un sportman... Là, le démon du jeu m'a pris, et j'ai parié, crié, vociféré, bousculé tout le monde, au sujet d'un cheval anglais, que je ne connaissais pas, et qui est arrivé dernier.

THÉOGÈNE

Tu as perdu?

BRANCOLAR

Deux mille francs. A présent, je les regrette, Dieu sait; mais ils sont perdus, bien perdus... Voilà, mon ami, "le cas exceptionnel, voilà ma situation. Peuxtu y porter remède?

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