SCÈNE NEUVIÈME
CHARLES
Parbleu, puisque vous me l'avez écrit ! Vous voulez me marierL . . Mais avec qui ?.. . je l'ignore. . .
LE MARQUIS
Avec madame de. Cézy, uoe veuve adorable!... J'ai appris qu'elle se trouvait ici, et je suis accouru en toute hâte, pour vous présenter à elle.
CHARLOT, à part.
La baronne !.. . Ah! mon pauvre cœur, c'en est trop !... Je ne saurais en entendre davantage.
Il sort.
RÉSÉDA, s'avançant.
M. Charles épouserait Madame! Eh bien! et mo i, qu'est-ce qu'il en fait ?
LE MARQUIS, apercevant Réséda.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
RÉSÉDA, se frappant la poitrine.
Ça? ..c'est la suivante de Madame de Cézy... Ça?... c'est une honnête fille, à qui M. Charles a promis le mariage... Et ça... épousera M. Charles!...
Comment, monsieur mon neveu, pendant que j'arrangeais votre mariage avec la baronne, vous contiez fleurette à sa suivante ?
CHARLES
Morbleu, mon oncle, si vous m'aviez consulté, je vous aurais dit que les grandes dames, les femmes
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h falbalas, ne sont pas mon fait. Elles s'élonnenL de tout, elles s"indignent de tout, et je ne sais ciuelle contenance garder avec elles... Tandis qu'une soubrette en jupon court vous met h l'aise, et si Ton a quelque chose à lui dire... on le lui dit.. .
Il embrasse Réséda.
LE MARQUIS
Un pareil cynisme est révoltant!-.. (Il tombe sur le banc de gazon.) J'étouffe !...
CHARLES
Ce n'est pas ma faute si je n'aime pas vos grandes dames, qui empêchent de rire; ni votre grand monde, qui empêche de parler, de marcher, de lu. mer, de chanter et de s'amuser à sa guise ! Vive la campagne, morbleu ! car on peut y marcher librement, y respirer librement... (Il pose sa cravate, et la met sur le dossier d'une chaise de jardin.) aimer librement... (Il prend la taille de Réséda.) Je veux bien me marier, mon oncle, mais non pas avec une dame Pimbêche. Je veux une bonne fille, qui me donnera dix beaux entants !
LE MARQUIS, indigné.
Dix !...
CHARLES
Peut-être douze!... barbouillés, ébouriffés, tombant, se relevant, se battant et se débattant, au milieu des poules, des oies et des canard s!. ..L'hiver?... retable... l'été?... les champs... Par la chaleur?... un sarrau de toile?. .. par le froid ?... des sabots ?.., Le matin?... la soupe aux choux!... le soir? le gigot à l'ail! Et aux fêtes de la saint Jean, delà saint